Et un merci énorme a mon suppléant @prematc pour son soutien continu. Enfin un autre meeting de campagne ensemble! #legislatives2012
Réforme territoriale : les centristes debout, le gouvernement malmené
Ils sont restés debout. En votant avec la gauche, la nuit dernière, la suppression du mode de scrutin du futur conseiller territorial, les sénateurs centristes ont fait acte de résistance. Et d’existence. « On a montré que les centristes ne sont pas des personnes qui systématiquement se couchent et servent de paillasson au gouvernement et au groupe UMP », tonne le sénateur Nouveau centre Hervé Maurey, interrogé par Public Sénat.
Dans de ce (con)texte polémique, les centristes avaient obtenu en première lecture du gouvernement le principe d’une dose de proportionnelle dans le mode d’élection. A l’assemblée, un amendement du gouvernement revient sur cet engagement pour introduire un scrutin uninominal à deux tours. Le texte de la réforme territoriale de retour au Sénat en seconde lecture, les centristes rappellent au gouvernement sa promesse. « C’était du mépris de l’engagement pris », selon Hervé Maurey. « A un moment, trop c’est trop. On ne peut pas balader les gens sans en avoir les conséquences », justifie Jacqueline Gourault, sénatrice Modem.
« On ne pouvait pas voter pour, on serait passé pour des rigolos »
Hervé Maurey veut voir dans le vote de la nuit dernière « une grande victoire pour les centristes », qui ont montré un visage « uni » : 26 votes contre, une abstention, et deux votes pour, « ceux du Rhône, les colistiers de Michel Mercier (maintenant ministre de l’Aménagement du territoire, ndlr)», glisse Hervé Maurey, qui ajoute : « On ne pouvait pas voter pour, on serait passé pour des rigolos. Nous aurions été ridicules. J’espère que le gouvernement comprendra enfin qu’ils ont besoin des votes centristes au Sénat ».
« C’est largement une posture de groupe. Individuellement, certains sont pour le scrutin majoritaire », soutient l’UMP Jean-Jacques Hyest, président de la commission de lois au Sénat.
Le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, « déplore » les derniers votes. Il pointe un « problème de technique de l’élaboration de la loi. Il aurait fallu plus de dialogue avec le groupe centriste ». Et de faire – fait rare en politique – son autocritique : « Le travail législatif est un vrai travail professionnel. J’ai sans doute manqué de professionnalisme, mais je ne suis pas le seul », ajoute-t-il… Regardez-le en images :
Pour l’heure, « tout va bien » chez les centristes. Oubliés les noms d’oiseau - «terrorisme», «fascisme» - de la semaine dernière. Nicolas About, qui avait déclaré à Public Sénat que la proportionnelle « n’est pas une fin en soi », a lui aussi voté contre le mode de scrutin voulu par le gouvernement. « Il a vu que le groupe était uni sur cette question », souligne Jacqueline Gourault. Et peut-être le risque de se retrouver isolé au sein du groupe.
Coups de fil d’Hortefeux
« Je pense que les centristes ont donné une bonne image d’eux-mêmes car ils ont montré qu’ils résistaient aux pressions », renchérit Hervé Maurey. Brice Hortefeux a en effet pris la peine de décrocher son combiné pour joindre une vingtaine de sénateurs, dont Jacqueline Gourault : « Oui il m’a téléphoné. Il m’a dit « on n’a pas de majorité à l’Assemblée pour un autre mode de scrutin » ».
Le texte va faire la navette et les efforts centristes pourraient bien se voir annihilés par l’Assemblée. Jean-François Copé a déjà averti que les députés UMP n’entendaient pas lâcher sur le mode de scrutin. Comme l’explique le sénateur UMP Alain Vasselle, l’Assemblée pourra « rattraper » le vote des centristes… Tout comme le Sénat pourrait se charger de la clause de compétence générale – autre point central du texte retiré sous la pression des centristes, mais aussi de l’UMP Jean-Pierre Raffarin – : « Je crois savoir que le gouvernement va demander au Sénat de se prononcer à nouveau sur cet amendement à la fin de l’examen du texte. (…) Il n’est pas impossible de penser que cette disposition saute ». Regardez Alain Vasselle :
Au final, la rébellion centriste pourrait bien permettre au texte, vidé de ses points litigieux, d’être voté par au Sénat. Les centristes ne s’opposent pas à la création du conseiller territorial. « Comme j’ai dit à Gérard Longuet, il vaut mieux amputer le texte et qu’il sorte vivant, que ne pas l’amputer mais qu’il n’en sorte pas vivant », traduit Hervé Maurey. « Ce serait normal que les centristes votent le texte », pense Jean-Jacques Hyest.
Troisième lecture ?
Côté UMP, les regards se tournent vers l’exécutif. Le président de la commission des lois regrette aujourd’hui que « le gouvernement n’ait pas respecté ce qu’il avait proposé. Il avait dit qu’il renverrait le mode de scrutin et la répartition des compétences à une loi ultérieure. Ça n’a pas été le cas. Je comprends que certains soient mécontents ». De la même manière, Jean-Jacques Hyest « aurait préféré qu’à l’Assemblée ce soit un amendement du groupe UMP et non du gouvernement » qui impose le mode de scrutin uninominal. « Ça a compliqué les affaires ». De là à dire que le gouvernement s’y est mal pris…
Logiquement, tout se finira en CMP (commission mixte paritaire, réunissant 7 sénateurs et 7 députés en cas de désaccord entre les deux assemblées, ndlr). A moins que… « Le bruit courait hier que le texte reviendrait peut-être en troisième lecture », glisse Jacqueline Gourault. « Il peut y en avoir une si le gouvernement ne convoque pas de CMP », confirme Jean-Jacques Hyest. « Rien ne l’interdit ». CMP ou pas, le texte final n’est pas encore gravé dans le marbre.

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