Réforme territoriale : le chantage des sénateurs centristes sur l’UMP

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François Vignal
Le 12.05.2010 à 11:56
L’hémicycle du Sénat. -
L’hémicycle du Sénat.
Les sénateurs centristes réclament au gouvernement le respect du « deal » passé sur le mode de scrutin pour l’élection du nouveau conseiller territorial. Ils demandent une dose de proportionnelle, que l’exécutif ne semble plus vouloir. Et menacent de ne pas voter le texte.

Les centristes sont fâchés. Un peu. Cause du souci des sénateurs du groupe union centriste du Sénat (qui rassemble aussi bien des Nouveau centre de la majorité que des Modem), le mode de scrutin de la réforme territoriale, qui entraîne la création du Conseiller territorial.

Lors de l’examen en première lecture du projet de loi, les sénateurs centristes avaient obtenu de l’UMP l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le nouveau scrutin, système plus favorable aux petites formations. C’est en échange de cet amendement que les centristes avaient voté au Sénat la première partie du texte.

Depuis, le gouvernement semble vouloir faire machine arrière. C’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Le scrutin uninominal à un tour avec une dose de proportionnelle serait remplacé par un scrutin uninominal majoritaire à deux tours… sans proportionnelle. La justification ? Eviter les triangulaires.

« Si on passe un deal, il faut en respecter les conséquences »

Pas vraiment du goût des centristes. « Si on passe un deal, il faut en respecter les conséquences », prévient le sénateur Nouveau centre Hervé Maurey. Qui se fait menaçant : « On oublie parfois un peu vite qu’il n’y a pas de majorité au Sénat sans groupe centriste. Ce ne sont pas les socialistes qui voteront le texte ». Un mode de scrutin avec une dose de proportionnelle permettrait « qu’il n’y ait pas de tambouille, pas de trucage », fait valoir Nicolas About, président du groupe centriste du Sénat.

Autre grief : la division par deux du nombre de conseillers, qui passe de 6000 conseillers généraux et régionaux à 3000 conseillers territoriaux, selon le projet voulu par Nicolas Sarkozy. Nicolas About dénonce une mesure « absurde et démagogique ». Il propose le chiffre de 4500 conseillers pour mieux conforter le « lien » entre élus et territoires.

Reste à savoir si les centristes sont vraiment prêts à mettre leur menace à exécution. Ou s’ils rentreront gentiment au bercail lors du vote. « Certains voteront le texte », reconnaît Hervé Maurey, « mais d’autres reprendront leur liberté ». Si le gouvernement peut compter sur sa majorité UMP à l’Assemblée pour voter comme bon lui semble, les tractations vont se poursuivent au Sénat.

 

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