Régionales : pour Fillon l’enjeu n’est plus national

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François Vignal
Le 12.02.2010 à 00:00
François Fillon, premier ministre - Par Public Sénat
François Fillon, premier ministre
© Par Public Sénat

La campagne des régionales devait être « nationale ». L’UMP le clamait haut et fort le 28 novembre dernier, lors d’un conseil national avec Nicolas Sarkozy en vedette américaine. François Fillon déclare alors : « Ce n'est pas seulement en faisant 22 campagnes régionales, chacun dans son coin, que nous combattrons cette gauche là ». Le même François Fillon tient pourtant des propos opposés ce matin : « Les Français vont choisir pour cinq ans ceux qui vont diriger leur région, alors parlons des régions et ne cherchons pas à faire dire aux électeurs ce qu'ils n'ont pas dit », déclare-t-il dans un entretien à Nice Matin…

La majorité devait faire campagne sur les réformes menées par le gouvernement. Depuis, les choses ont changé. Le débat polémique sur l’identité nationale et les sondages sont passés par là. Ils annoncent une France des régions toujours aussi rose et une cote de popularité en baisse pour Nicolas Sarkozy. Changement de braquet : retour sur le local. Les régionales, c’est régional, c’est évident !

Changement de stratégie

Ce changement de stratégie se remarque depuis plusieurs jours. Le 25 janvier, sur TF1, Nicolas Sarkozy explique que ce n'est pas « la place d'un président de la République » que de faire campagne. Le grand meeting national prévu porte de Versailles fin janvier, avec toutes les composantes de la majorité, a lui été annulé. A la place, un conseil national électrisé par la difficile composition des listes.

A sa décharge, François Fillon n’a pas été le seul à défendre la stratégie nationale. Lors du conseil national du 28 novembre, tous les ténors de la majorité s’étaient passé le mot. « Nous allons assumer l'action qui est menée par le président de la République et le premier ministre », lançait Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP. La campagne « doit s'inscrire au cœur de l'action de Nicolas Sarkozy », avait renchéri Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale. Même Jean-Pierre Raffarin s’était plié à l’exercice, affirmant que la campagne « sera nationale ».

Mais mercredi, le chantre de la « positive attitude » a défendu la nouvelle donne. Sur l’air du « j’avais raison » : « Après avoir fixé les enjeux nationaux de cette élection, le Président, le 25 janvier, l’a remis dans sa perspective régionale. J’étais de ceux qui militaient pour. C’est cela que les Français attendent : des réponses, des projets qui engagent directement leur quotidien ». La défense devant les Français du bilan Sarkozy attendra une autre élection.

 

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