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Remaniement : David Cormand, nouveau numéro 1 d’EELV, dénonce « le débauchage d’Emmanuelle Cosse »

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François Vignal
Le 11.02.2016 à 18:48
Remaniement : David Cormand, nouveau numéro 1 d’EELV, dénonce « le débauchage d’Emmanuelle Cosse »
David Cormand, nouveau secrétaire national d'EELV
© compte Twitter de David Cormand

David Cormand succède à Emmanuelle Cosse à la tête d’EELV en raison de sa nomination au ministère du Logement, que le parti « désapprouve ». Il donne son premier entretien en tant que numéro 1 d'EELV à publicsenat.fr. David Cormand dénonce « un débauchage final (qui) solde une séquence de rupture durable avec François Hollande » et voit dans ce remaniement un « gouvernement de la déchéance ». Il affirme que « François Hollande cherche à tuer tout ce qui peut représenter une alternative écologiste ou de gauche » et à « anéantir EELV ». Entretien.

Quel est votre réaction à l’entrée d’Emmanuelle Cosse au gouvernement et quelles en sont les conséquences pour Europe Ecologie-Les Verts ?
Je viens d’achever la réunion du bureau exécutif d’EELV, réuni depuis 16h30. EELV désapprouve et regrette ce choix personnel d’Emmanuelle Cosse de participer à un gouvernement qui a renoncé depuis un moment à l’écologie. On a pris acte de son départ d’EELV et donc de la direction. Conformément à nos règles en vigueur, je deviens secrétaire national du parti dans le cadre d’une direction collégiale propre à notre bureau exécutif.

Avez-vous essayé de dissuader Emmanuelle Cosse d’entrer au gouvernement ?
Elle m’a appelé en fin de matinée pour me dire qu’elle avait reçu une offre de la part de l’Elysée et de Manuel Valls et qu’elle allait l’accepter. Je lui ai dit que je désapprouvais, que ça mettait en difficulté la famille de l’écologie. Et je lui ai demandé de ce mettre en retrait pour être cohérente.

Est-ce un débauchage ?
Oui, c’est ce à quoi on assiste depuis un moment avec la création de l’UDE (Union des démocrates et des écologistes), téléguidée par le PS et l’Elysée, et là, avec le débauchage d’Emmanuelle Cosse effectivement. C’est une situation politique où tout devient un peu fou. Le débauchage tient lieu de ligne politique, ce qui donne une image déplorable de la politique.

Il y a une forme de déliquescence de notre démocratie. On a affaire à la nomination du gouvernement de la déchéance, dans tous les sens du terme : la déchéance votée hier, la déchéance des idéaux, la déchéance des convictions, la déchéance de la cohérence. Et au fond, la déchéance de la politique telle qu’on voudrait qu’elle soit pratiquée.

Le sénateur EELV Joël Labbé a affirmé sur Public Sénat qu’Emmanuelle Cosse entre au gouvernement avec « un accord » pour « un référendum local » sur le projet de Notre-Dame-des-Landes. N’est-ce pas une bonne raison de rentrer au gouvernement ?
Non. Parce que ce dispositif est en réalité un faux nez pour essayer d’organiser un référendum dans un périmètre qui aurait un grand risque de valider ce projet. S’il y avait dû avoir un consensus, c’était celui de l’arrêt pur et simple de ce projet fou. C’est un faux nez pour habiller les renoncements. Ce n’est même pas une fausse bonne nouvelle, c’est une illusion.

L’entrée d’Emmanuelle Cosse au gouvernement, que vous qualifiez de « débauchage », peut-elle amener Cécile Duflot à être candidate à la présidentielle en 2017 ?
Il n’y a pas de lien. En revanche, ça produit une clarification. Depuis un moment, pas seulement Cécile Duflot, mais EELV et les écologistes sincères, étaient plombés par les initiatives un peu individuelles et cet espèce de jeu de débauchage. C’est une clarification. La rupture avec la politique de Manuel Valls et François Hollande était consommée depuis un moment. Avec ce débauchage final, ça solde une séquence de rupture durable avec François Hollande et Manuel Valls. Je souhaite qu’on rentre dans nouveau cycle où les écologistes assument leurs convictions comme acteurs et non commentateurs.

François Hollande cherche-t-il à tuer petit à petit Europe Ecologie-Les Verts ?
François Hollande cherche à tuer tout ce qui peut représenter une alternative écologiste ou de gauche. Il est dans une démarche d’anéantir tout ce qui est entre lui et Mélenchon. C’est une stratégie qu’il a employée avec Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Christiane Taubira et Cécile Duflot. Aujourd’hui, il essaie de le faire avec EELV. Mais je ne pense pas qu’avec des jeux tactiques et un peu machiavéliques de ce type, il réussira à incarner quelque chose de durable pour les Français.