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Retraites : faut-il tweeter les débats en commissions ?

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François Vignal
Le 19.07.2010 à 17:31
Retraites : faut-il tweeter les débats en commissions ?
Montage des pages Twitter du député UMP Lionel Tardy et du sénateur UMP Alain Lambert.
En pleine torpeur estivale, les députés débutent le débat sur les retraites en commissions ce mardi. Si les travaux se font à huis clos pour ce texte crucial, la question se pose d’en faire fuiter la teneur, notamment sur Internet via Twitter.

L’été : son soleil, son rosé, les vacances… et le débat sur les retraites. Si les hémicycles des deux assemblées sont vides pour cause de vacances parlementaires, c’est pourtant demain mardi que débute à l’Assemblée nationale le débat sur les retraites en commission des affaires sociales. Des débats interdits à la presse et non filmés. Un huit clos à la demande du président UMP de la commission, Pierre Méhaignerie. De quoi assurer la confidentialité à ce débat pourtant très important. A moins que… Un député décide de le raconter en direct sur le réseau social Twitter.

L’UMP Lionel Tardy, adepte du site de micro blogging, s’est fait une spécialité de faire fuiter les réunions à huis clos. Au risque de se faire taper sur les doigts. Membre de la commission des affaires économiques, il ne pourra pas cette fois. Mais il n’en démord pas : « J’ai du mal à comprendre. Je ne vois pas l’intérêt du huis clos si on retrouve deux jours après les débats sur le site de l’Assemblée. Ça ne change rien. Pour l’audition de Raymond Domenech (où Lionel Tardy a tweeté avant qu’on lui demande d’arrêter, ndlr), on retrouvait tout ce qui avait été dit, à la virgule près ! » Selon Lionel Tardy, « c’est clair » que le Parlement se retrouve en décalage avec l’évolution technologique. « C’est peut-être un différence de génération aussi ».

Pour Alain Lambert, pas question de tweeter en douce 

Les parlementaires réellement actifs sur Twitter se comptent à peu près sur les doigts des deux mains. Au Sénat, c’est l’ex-ministre du Budget Alain Lambert qui a pris pour habitude de communiquer en 140 signes, le nombre de caractères autorisés par message. Mais pour le sénateur de l’Orne, pas question de tweeter en douce : « C’est peut-être le job de la presse, mais pas sûr que ce soit celui d’un parlementaire. L’utilisation de Twitter ne doit pas s’affranchir du principe de confidentialité. Aucune technologie ne doit transgresser aucune règle. La crédibilité et la réputation d’un nouveau média repose sur sa capacité à respecter les grands principes démocratiques », lance-t-il, ajoutant que « les parlementaires ont un comportement différent, plus théâtral, lorsque les travaux sont publics ». Lionel Tardy répond qu’« on est des personnes publics, des élus. On doit rendre des comptes. Je ne vois pas en quoi le huis clos apporte de la sérénité ».

Au-delà de Twitter, reste la question de fond : « Savoir si le Parlement a raison d’avoir des réunions à huis clos ou pas. Tout finit par se savoir. La transparence est sans doute la meilleure méthode », reconnaît Alain Lambert. Lionel Tardy abonde : « Depuis la réforme constitutionnelle, l’essentiel du travail se fait en commission. Est-ce normal que leurs travaux ne soient pas télévisés ? Aujourd’hui, il serait plus important de rendre public les travaux en commission que ceux dans l’hémicycle ».