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Révision constitutionnelle : Gérard Larcher dément devant les sénateurs LR une réunion avec Hollande, Valls et Bartolone

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François Vignal
Le 22.03.2016 à 14:22
Révision constitutionnelle : Gérard Larcher dément devant les sénateurs LR une réunion avec Hollande, Valls et Bartolone
© AFP

«Mon seul interlocuteur, c’est François Hollande» a expliqué le président du Sénat, Gérard Larcher, lors de la réunion de groupe LR, rapporte des parlementaires. Après le vote solennel au Sénat sur la réforme de la Constitution, il compte «prendre des initiatives», a-t-il annoncé.

Les attentats qui frappent Bruxelles, quatre mois après les attentats de Paris, remettent tristement la révision constitutionnelle sous les feux de l’actualité. Le vote solennel sur l’ensemble du texte est prévu au Sénat cet après-midi. Le texte voté par les sénateurs divergent de celui des députés sur la déchéance, que les élus de la Haute assemblée veulent limiter aux binationaux pour ne pas créer d’apatrides.

Pour tenter de trouver une solution, Manuel Valls annonçait la semaine dernière sur Public Sénat une prochaine réunion entre François Hollande, le président du Sénat Gérard Larcher, son homologue de l’Assemblée Claude Bartolone et lui-même. Mais ce matin, lors de la réunion du groupe Les Républicains au Sénat, « Gérard Larcher a démenti qu’il y aurait un rendez-vous avec Claude Bartolone, le Président de la République et Manuel Valls, en disant moi "je ne parlerai qu’au Président de la République, qui est mon interlocuteur en matière de révision constitutionnelle" » affirme à publicsenat.fr un membre du groupe, présent à la réunion. « Il a dit que personne ne lui en avait parlé avant et qu’il l’avait appris dans la presse » ajoute ce sénateur. « Il a dit "mon seul interlocuteur, c’est François Hollande" » confirme un autre élu.

« Après le vote, il m’appartiendra de prendre des initiatives, en lien avec les présidents du groupe. Compte tenu du contexte, cela ne peut pas être politicien. Je porterai la voix du Sénat et vous demande de me faire confiance. Il est des institutions qui ne peuvent céder tous les matins à la pulsion » a encore affirmé Gérard Larcher, selon une source parlementaire, qui ajoute : « Il a rappelé, comme il aime à le faire, la devise du Cadre noir de Saumur, « en avant, calme et droit » ».

Sarkozy juge « indigne » les propos de Le Roux

Egalement présent lors de la réunion de groupe, Nicolas Sarkozy a dénoncé les propos du président du groupe PS, Bruno Le Roux, qui a jugé ce matin la droite sénatoriale « irresponsable » en raison de sa position sur la déchéance. « C’est indigne » a réagi le président des Républicains, selon des sénateurs.

L’ancien chef de l’Etat a souligné, devant les élus de la Haute assemblée, qu’entre l’arrestation de Salah Abdeslam et les attaques de ce matin, ils étaient capables d’organiser ces attentats en seulement trois jours. « Cela montre la gravité de l’implantation de ces gens sur le continent. Les démocraties sont en guerre », a-t-il affirmé, selon des sénateurs LR.

Nicolas Sarkozy n’est pas en terrain conquis au Sénat. Beaucoup de sénateurs LR soutiennent François Fillon – à commencer par le président de groupe Bruno Retailleau et Gérard Larcher – et la majorité sénatoriale a pris le contrepied du président des Républicains sur la déchéance. Ils n’ont pas conservé le compromis de l’Assemblée et en ont retiré les délits, alors que Nicolas Sarkozy souhaite les ajouter. Mais il n’a pas cherché à convaincre les sénateurs LR de revenir sur leur position, afin de rendre possible une révision de la Constitution sur la déchéance. Il leur a assuré qu’il « comprenait » leurs arguments, selon un membre du groupe, et leur a même dit sa « solidarité totale ». Quant à la réunion du bureau politique hebdomadaire des Républicains ce soir, elle a été annulée. Explication de l’ancien chef de l’Etat : « Je ne nous voyais pas parler des primaires au moment où ça explose en Europe ».