Roselyne Bachelot : «Les Français avaient un vrai désir d’alternance»

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Florian Bourdier
Le 26.06.2012 à 19:22

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Roselyne Bachelot était l’invitée de « Preuve Par 3 ». L’occasion pour l’ancienne ministre UMP des solidarités et de la cohésion sociale de défendre son livre d’après défaite en revenant sur les échecs de son parti aux élections. Elle donne également son regard sur la condition des femmes en politique.

Répondant aux attaques qui lui sont adressées depuis la sortie de son livre, notamment par des membres de sa propre famille politique, Roselyne Bachelot a tenu à remettre les points sur les « i ». « Ce livre est un témoignage pour l’Histoire, et j’en revendique une certaine subjectivité. Mais il ne faut pas faire d’attaques basses, sur la personne. »

Dans son livre, A feu et à sang, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy reproche un certain nombre de « choix stratégiques de la campagne », notamment la droitisation du discours de l’ancien président sous la plume de Patrick Buisson, un proche conseiller. S’inscrivant dans un rejet de la politique du « ni-ni » elle assure avoir toujours été pour un « Front républicain », estimant que « toute alliance ou dialogue avec le Front national n’est pas recevable ».

Abordant la question de l’immigration, point de tension récurrent dans sa famille politique, elle estime que « l’immigration est une chance pour notre pays mais doit être régulée, en fonction de la capacité d’accueil et de nos besoins ». Elle regrette que cette position n’ait pas été clairement exprimée : « on a envoyé un message négatif ».

Cela dit, elle se défend d’accuser Nicolas Sarkozy, au contraire : « ce livre est un hommage appuyé (à Nicolas Sarkozy). Ce fut un grand président ».

Une droitisation donc, qui pourtant ne serait pas la seule explication à la défaite de l’UMP aux élections présidentielles et législatives, selon elle. « Les Français avaient un vrai désir d’alternance. Depuis sa création en 2001, l’UMP a toujours participé au pouvoir. En 2007, François Hollande a causé la défaite de Ségolène Royal, mais ils ne nous ont pas refait ce cadeau ».

Interrogée sur la condition des femmes en politique, un sujet qui lui tient particulièrement à coeur, Roselyne Bachelot est revenue sur les relations parfois tendues qu’elle a eut avec certaines de ses anciennes collègues. « Il est très difficile d’être ministre d’un seul coup. D’ailleurs Nicolas Sarkozy a reconnu qu’il avait « gâché » l’entrée dans ces fonctions de Rama Yade et Rachida Dati ». L’ancienne ministre, tout en rappelant qu’elle a « une expérience de femme politique de 30 ans », a regretté « qu’elles se (soient) livrées à certaines errances ».

S’adressant plus particulièrement aux femmes du gouvernement Ayrault, elle les a invitées à « tenir bon. Les batailles de la parité ne sont pas finies ». « La parole des femmes est encore systématiquement dévalorisée » a-t-elle ajoutée avant de leur conseiller de faire preuve de « solidarité » mais surtout « pas d’insubordination », avec une référence appuyée au comportement de Rama Yade.