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La rupture selon Fillon : un projet « radical » et « sans concession »

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François Vignal
Le 13.02.2016 à 17:02

Loin derrière les favoris Alain Juppé et Nicolas Sarkozy pour la primaire, François Fillon continue de défendre son projet économique clairement libéral. Il assume un projet « radical car la situation est radicalement bloquée » selon l’ancien premier ministre.

Il est l’outsider  dans cette primaire. Distancé dans les sondages sur  l’élection qui doit départager les candidats des Républicains pour la présidentielle de 2017, François Fillon est obligé de prendre des risques. Fidèle à sa ligne, il assume un pleinement libéral. C’est la rupture, selon Fillon. L’ancien premier ministre, qui a défini déjà depuis des mois son programme économique, défend une ligne classique à droite : baisse des dépenses publiques, des charges et dérégulations.

« Il faut changer ce système économique et social qui nous tue à petit feu »

A la différence d’Alain Juppé, qui ne prendra pas la parole et compte sur les primaires pour départager les lignes (lire notre article sur le sujet « Le projet des Républicains, voulu par Nicolas Sarkozy, n’engagera pas Alain Juppé »), François Fillon joue le jeu. Après les régionales, il avait lui-même souhaité que le parti puisse débattre du fond. Mais il ne veut pas d’eau tiède. « Notre Conseil national a pour objet de débattre de notre ligne politique. C’est une bonne chose, sous réserve de ne pas oublier qu’une ligne politique, c’est le résultat d’un projet pour la France. Ça ne peut pas être le fruit d’une synthèse hollandaise », prévient François Fillon.

« Il faut changer ce système économique et social qui nous tue à petit feu », changer « tout un système qui est usée jusque la corde » affirme l’ancien premier ministre. « Pendant des décennies, on a laissé entendre que l’Etat pouvait tout et les citoyens lui devaient tout » lance François Fillon, dénonçant les impôts trop élevés, « le traitement social du chômage ». « Il faut un changement radical, il faut changer de logiciel ». Pour François Fillon, « il ne reste qu’une seule solution : faire confiance à la liberté ».

« Tu veux travailler le dimanche ? Demande la permission aux syndicats »

« On a tout nivelé,  tout encadré au nom d’un misérabilisme mou. (…)  Tu veux travailler le dimanche ? Demande la permission aux syndicats. Tu veux travailler plus pour gagner plus ? Pense d’abord aux impôts que tu vas payer » lance-t-il. François Fillon propose de « généraliser l’apprentissage », la « dégressivité des allocations chômage » ou de « négocier le temps de travail avec les salariés ». Mais dans ce concours d’idée, le gouvernement  de Manuel Valls a déjà pris les devant : il réfléchit à rendre dégressif les allocations chômage et souhaite que le temps de travail puisse se négocier au niveau de l’entreprise.

François Fillon continue : réduction du nombre de fonctionnaires,  « passer aux 39 heures », âge de la retraite à 65 ans… « Tout cela est radical » reconnaît-il, mais « la situation est radicalement bloquée ». Sur l’immigration, « il faut conditionner les aides sociales à au moins deux années de présence en France » et il faut « nettoyer les mosquées salafistes ». François Fillon défend un « projet sans concession » censé redresser la France et lui permettre de repartir dans la bonne direction « en deux ans ». Reste à voir si ce projet attirera une majorité de voix à la primaire. Et une limite, qu’il partage avec Nicolas Sarkozy : il a été au pouvoir pendant cinq ans et aurait pu défendre alors ses idées. Et François Fillon premier ministre, c’était il n’y pas si longtemps.