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Les sénateurs PS vont éplucher les lois antiterroristes, «pas les faits de Toulouse»

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François Vignal, avec Elisa Bertholomey
Le 27.03.2012 à 19:50
Les sénateurs PS vont éplucher les lois antiterroristes, «pas les faits de Toulouse»
François Rebsamen, président du groupe PS du Sénat.
© AFP
La commission sur le contrôle de l’application des lois du Sénat évaluera l’efficacité du dispositif antiterroriste, après la tuerie de Toulouse. Mais les sénateurs PS ne se pencheront pas directement sur les possibles défaillances des renseignements.

Après le drame de Toulouse, la campagne a vite repris ses droits. Le PS a posé des questions sur l’efficacité des services du renseignement, reprenant le terme de « faille » employé par Juppé. Nicolas Sarkozy a lui annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme. Mais les socialistes entendent déjà faire le point sur les dispositifs existants. C’est ce qu’a affirmé le porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve, la semaine dernière. Précision dimanche dernier dans le JDD avec François Rebsamen, patron des sénateurs PS et responsable des questions de sécurité pour la campagne du socialiste : il a demandé à « David Assouline, président de la commission pour le contrôle de l’application des lois du Sénat, (…) de commencer un travail d’analyse en profondeur ».

L’entretien du président du groupe PS au Journal du dimanche a pu laisser entendre que les sénateurs socialistes allaient aussi demander l’audition du patron du renseignement intérieur. « Je crois que la DCRI doit répondre de ce qui apparaît comme une défaillance. (…) Pourquoi avoir attendu trente-deux heures pour en arriver là, un assaut massif, qui allait se solder par la mort de celui qu’on disait vouloir capturer vivant ? (…) Compte tenu de toutes ces polémiques, nous envisageons d’entendre, au Sénat, les principaux responsables policiers », a affirmé François Rebsamen.

« Savoir ce qui marche ou ne marche pas »

Alors qui va faire quoi ? Un petit doute semble exister avant la réunion de groupe hebdomadaire ce mardi. « Il peut y avoir des parlementaires, et ça peut être le cas du groupe socialiste, qui souhaitent auditionner tel ou tel responsable, c’est tout à fait possible », note Jean-Pierre Sueur, président PS de la commission des lois.

A son arrivée, François Rebsamen met les choses au clair : « Il y a eu une incompréhension », assure-t-il, « c’est la commission qui auditionnera ». Alors que la droite accuse la gauche d’instrumentalisation les événements, le sénateur-maire de Dijon cherche à séparer le travail de la commission de l’application des lois du drame de Toulouse : « Le président de la commission, David Assouline, va nous expliquer comment il voit les choses sur l’Etat de la législation. Ce n’est pas directement lié aux événements de Toulouse »… Il ajoute : « Pour améliorer la législation, encore faut-il savoir ce qui marche ou ne marche pas dans la législation existante ». Invité du 19h de Public Sénat, François Rebsamen a résumé : les sénateurs PS se pencheront sur l’appareil législatif en vigueur, mais « pas sur les faits de Toulouse ».

S’il n’y aura pas d’auditions au nom du groupe PS, il y aura en revanche bien des auditions « des responsables du renseignements » sur les événements de Toulouse par la délégation parlementaire au renseignement, à laquelle appartient Jean-Pierre Sueur avec 3 autres sénateurs et 4 députés. Précision de Jean-Pierre Sueur : « Mais les travaux de cette commission sont couverts par le secret-défense. (…) Nous ne communiquons pas sur ces travaux ». Quant à la commission de David Assouline, ses travaux seront à huit clos… Le besoin impérieux de connaître et comprendre ce qui s’est passé se fera sans caméras. « Il faut répondre aux questions que les Français se posent », assure pourtant la sénatrice de l’Oise Laurence Rossignol. Le programme d’audition menée par la commission de David Assouline devrait être connu dans les prochains jours.

Sarkozy : « Il est toujours facile de donner des leçons »

Ce midi encore, Nicolas Sarkozy, tout en saluant le travail des forces de police, a mis en cause les socialistes : « L’opération était à peine terminée que certain allumaient déjà la mèche de la polémique honteuse. La remise en cause permanente et systématique de toute autorité est devenu une constante ». Et d’ajouter : « Il est toujours facile de donner des leçons ».

Le PS cherche-t-il à passer à un autre thème de campagne ? « François Rebsamen a sans doute raison et sans doute quelques considérations pour que le groupe PS ne soit pas accusé de vouloir exploiter la situation », remarque le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, qui « personnellement, ne verrai rien de choquant à ce que les commissions parlementaires, et celle du Sénat en particulier, puissent auditionner les responsables de la sécurité pour avoir une vision d’ensemble de la situation ».

A moins d’un mois du premier tour, il convient pour les socialistes de ne pas se laisser enfermer dans les questions de sécurité. Jean-Pierre Sueur : « Nous avons bien compris, car nous ne sommes pas totalement inintelligents, nous avons totalement compris que M. Sarkozy tentait de centrer la campagne uniquement sur cette question. Nous ne la refusons pas. La sécurité est prioritaire (…) mais les Français sont aussi très préoccupés par la question du chômage. Ça fait 10 mois qu’il augmente ». Selon un sondage BVA pour Le Parisien de ce mardi, la question de l’insécurité n’arrive qu’en 8e position comme thème qui pèsera le plus lors du vote (8%). Loin derrière les 42% du pouvoir d’achat.