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Sénatoriales à Paris : Charon dépose sa liste, Sarkozy «agacé»

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François Vignal
Le 06.09.2011 à 13:28
Sénatoriales à Paris : Charon dépose sa liste, Sarkozy «agacé»
Pierre Charon, conseiller UMP de Paris, du XVe arrondissement.
© AFP
L’UMP Pierre Charon annonce avoir déposé sa liste dissidente pour les sénatoriales à Paris. La «pression énorme» exercée sur l’ex-conseiller du Président pour le dissuader et laisser le champ libre à la liste Jouanno n’a pas suffit. Ce matin, Nicolas Sarkozy s’est montré «particulièrement agacé».

Finalement, il y va. Alors que le dépôt des listes est ouvert depuis lundi et jusqu’au 16 septembre, la situation, qui semblait encore incertaine pour les sénatoriales ce matin dans la capitale, se cristallise à droite. L’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon, annonce avoir déposé sa liste à Paris. Une liste dissidente à la liste officielle de la ministre des Sports Chantal Jouanno. Une liste « complémentaire », corrige l’élu parisien.

Pierre Charon explique dans un communiqué transmis à l'AFP qu’il « assume pleinement cette décision qui offre de nouvelles perspectives pour la droite et le centre à Paris ». Il précise : il reste « naturellement et totalement fidèle au président de la République » et le jour de l'élection du président du Sénat, « le 1er octobre, Gérard Larcher pourra compter sur la présence et le vote des élus de (sa) liste ».

Tout a été fait pour freiner Charon

S’il assure le Président de son soutien, ce matin, lors de la réunion hebdomadaire de la majorité, Nicolas Sarkozy a pris ses distances avec lui. « Il était particulièrement agacé et particulièrement clair : il a dit qu’il ne soutenait que la liste Jouanno », selon un élu UMP qui soutient la liste de la ministre des Sports. « Je crois qu’il n’apprécie pas qu’on puisse penser que Charon est son candidat ».

« Le président a lancé un appel à l'unité en citant le cas de Paris où il a dit que ceux qui se revendiquent de lui feraient mieux d'œuvrer au rassemblement », selon un participant, cité par l’AFP. « Ceux qui se recommandent de moi pour diviser aux sénatoriales, il faut tout faire pour qu'ils ne se présentent pas ou alors qu'ils ne soient pas élus », a déclaré le chef de l’Etat.

Tout a été fait pour freiner Charon. « Il y a une pression énorme sur certaines personnes », explique un de ses soutiens. Lundi soir, plusieurs sarkozystes historiques, dont Brice Hortefeux, ont profité d'un dîner à Bercy, autour du secrétaire d'Etat au Tourisme Frédéric Lefebvre, pour tenter de dissuader Pierre Charon de présenter sa liste.

Ce matin, l’entreprise semblait prendre effet. Le dépôt de la liste, annoncé pour 14 heures, était finalement repoussé. « On est en train de regarder. On a changé nos plans », expliquait-on à midi dans l’entourage de Pierre Charon. Finalement l’élu du XVe n’a pas flanché.

Legaret lâche Charon pour Jouanno

Vendredi dernier, la liste Jouanno s’est trouvée renforcée par le soutien de Jean-François Legaret. Le maire du Ier arrondissement soutenait jusqu’ici Charon. Il aurait même voulu mener la liste à sa place. « On lui a promis un poste », assure-t-on dans le camp Charon. Par ce départ, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy se retrouve affaibli.

Fâché de ne pas figurer sur la liste officielle – l’ex-conseiller de François Fillon Pierre-Georges Courtois lui étant préféré pour la 4e place – il a prouvé en juin dernier qu’il était en mesure de « faire un siège » grâce au soutien de 13 conseillers de Paris. Mais avec le départ de Legaret, les soutiens de Chantal Jouanno pensent avoir rendu le challenge de Charon beaucoup plus difficile. « Sur les 13 élus, il doit lui en rester 8. Ça va être dur d’obtenir un siège… » glisse cet élu UMP parisien.

Faux, répond l’autre camp. « On va faire largement le siège. On a des tas de grands électeurs qui vont voter pour nous », a assuré samedi en marge du campus UMP Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe et soutien de Charon. Il ajoute : « On perd une voix, mais on en retrouve par ailleurs », sans être plus précis.

La majorité a actuellement 5 sièges de sénateurs, dont celui du centriste Yves Pozzo di Borgo, qui présente aussi sa liste. Au mieux, elle ne peut espérer conserver que 4 sièges. Mais en cas de liste Charon, le risque pour l’UMP est de n’avoir que 3 élus. Des voix qui le jour de l’élection du président du Sénat, le 1er octobre, pourraient manquer à Gérard Larcher. A moins que d’ici la clôture du dépôt des listes, les choses bougent encore. Ce matin, l’élu proche de Pierre Charon laissait la porte ouverte à toute les éventualités : « Nous avons encore 10 jours pour déposer la liste… ou la retirer ».