Sénatoriales : vers un résultat «ric-rac»

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François Vignal
Le 22.09.2011 à 12:57
senat - AFP
La Cour d'honneur du Sénat.
© AFP
C’est l’heure de vérité. La gauche espère un basculement historique de la Haute assemblée lors des élections sénatoriales ce dimanche. Gérard Larcher se dit confiant pour sa réélection. Mais entre les listes dissidentes, les débauchages et une part d’intox, l’incertitude est de mise.

Avis de tremblement de terre politique dimanche au Sénat. Ou pas. L’élection sénatoriale s’annonce en effet particulièrement serrée. La droite détient la majorité, avec l’aide des centristes. Mais la gauche, forte de ses victoires aux derniers scrutins locaux – municipales, cantonales, régionales – peut rêver d’un basculement historique de la Haute assemblée.

Bataille de chiffres

La bataille du Sénat passe d’abord par une bataille des chiffres. Et peut-être d’intox. Chacun y va de ses pronostics. Depuis plusieurs mois, le président du Sénat, Gérard Larcher, le répète en long et en large : il est confiant. Alain Marleix, spécialiste de la carte électorale à l’UMP, n’est pour sa part « pas inquiet ». Trop confiant ? Bluff ? « Je suis déterminé », répond Larcher dans Le Figaro la semaine dernière, « je suis de ceux qui ont le plus traversé les départements et pris le pouls des délégués sénatoriaux ». Le président du Sénat n’a en effet pas ménagé sa peine, multipliant les déplacements dans toute la France depuis plusieurs mois. «  Nous conserverons de 6 à 12 sièges de majorité », assure-t-il. Variante donnée du côté du groupe UMP du Sénat : « 5 sièges d’avance dans la fourchette basse. Une dizaine dans la fourchette haute ». Le résultat est le même.

A gauche, les règles de calcul diffèrent. « Tous ceux qui aujourd’hui affirment qu’ils vont gagner font plutôt de l’intox. Larcher n’arrête pas de le dire bruyamment mais les pointages qu’il donne en off disent qu’il se voit à + 3 sièges. Honnêtement, un pronostic comme ça permet de dire tout et son contraire », réplique un proche de Jean-Pierre Bel, président du groupe PS du Sénat, interrogé par publicsenat.fr. Il donne aussi ses « fourchettes » : basse, 19 sièges gagnés pour la gauche. Haute, une trentaine. « Ce sera quelque part entre les deux ». La gauche doit gagner 23 sièges pour être majoritaire.

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« L’alternance est possible, mais pas certaine »

« On n'a jamais été aussi proches de la victoire », a observé mardi le sénateur Bel, compte tenu des résultats électoraux de la gauche et « du mécontentement des territoires » contre la réforme territoriale. Mais il ajoute : « Pourtant, l'alternance risque une fois de plus de ne pas se produire, parce que nous sommes dans un combat inégal »... Manière de préparer la défaite ? « L’alternance est possible, mais pas certaine », dit-on prudemment dans l’entourage du président du groupe PS. Mais jeudi soir, devant le Sénat, Jean-Pierre Bel affichait une certaine sérénité… Un presage ?

Ces dernières semaines, le ton est monté. Jean-Pierre Bel a dénoncé « l'utilisation » par Gérard Larcher « des moyens de la République au profit des candidats UMP » aux sénatoriales, évoquant l'utilisation des fonds de la réserve parlementaire et des nominations ciblées pour éviter les dissidences. « On se calme », lui a répondu le président de la Haute assemblée, pointant « les angoisses » de Bel.

Gauche incertaine, fébrilité à droite

Si la gauche peut difficilement pavoiser, la droite ne peut cacher, en réalité, une certaine fébrilité. « Si nous devions perdre, nous le devrions à l’indiscipline de la droite », affirme à l’AFP Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP. Ces listes dissidentes « inquiètent beaucoup » Jean-François Copé. « C’est sûrement l’élection la plus difficile qu’a connue la majorité », ajoute le maire de Marseille. Des propos qui tranchent avec la confiance affichée de Gérard Larcher.

Les chiffres clefs

La moitié des sièges de la Haute assemblée sont renouvelables, soit 170. 58 au scrutin uninominal dans les départements les moins peuplés, 112 à la proportionnelle pour les plus peuplés. La moitié des 150.000 grands électeurs, composés à 95% de conseillers municipaux, est appelée aux urnes.

Les listes dissidentes sont une des clefs du scrutin. Elles risquent de faire perdre des sièges. A droite, elles ont poussé comme des champignons. A Paris, cas le plus emblématique, où l’UMP n’a pas réussi à faire rentrer Pierre Charon dans le rang. Mais aussi dans l’Isère, où le sortant Bernard Saugey est confronté à plusieurs listes de droite, ou encore dans le Nord, le Maine-et-Loire, les Pyrénées-Atlantiques, l'Essonne, la Seine-et-Marne ou les Hauts-de-Seine.

Mais à gauche aussi, il y a des divisions. Dans l’Essonne, une partie du PS n’accepte pas que le numéro 2 d’Europe Ecologie-Les Verts, Jean Vincent Placé, mène la liste. Les déçus ont monté leur propre liste, se faisant exclure du PS. Divisions aussi dans le Puy-de-Dôme, le Maine-et-Loire ou le Pas-de-Calais.

Autre preuve de la fébrilité du côté de la majorité : Gérard Larcher veut que les ministres candidats – Gérard Longuet, Chantal Jouanno, Maurice Leroy – démissionnent une fois élus pour pouvoir voter le 1er octobre, jour de l’élection du président du Sénat. Les intéressés préfèrent rester au gouvernement, mais en cas de résultats serrés, ils n’auront pas le choix et devront lâcher leur maroquin, quitte à revenir au gouvernement.

La botte secrète de Larcher

Mais Gérard Larcher a sa botte secrète : il pourrait compter sur quelques voix issues de l’autre rive. « Il peut s’assurer du soutien des centristes, de non-inscrits. Il a même mis la main sur quelques voix à gauche. Des sénateurs du groupe RDSE (à majorité radical de gauche, ndlr) peuvent apporter leur vote », glisse-t-on au groupe UMP. « Gérard Larcher a été très longtemps président de la commission des affaires économiques. A ce poste, il s’est lié avec des personnes de gauche. Des relations personnelles se nouent. Il s’est beaucoup investi dans des départements qui ne sont pas détenus par l’UMP. L’élection du président du Sénat, c’est une autre alchimie que l’appartenance politique. C’est une affaire de réseaux, d’amitié »… Du côté de Bel, on attend de voir, et on souligne que « la réciproque aussi est possible. Il y a des gens, à droite, qui peuvent être un peu tangents »… Le scrutin pour l’élection du président étant à bulletin secret, « cela permet une intox complète », souligne l’entourage de Jean-Pierre Bel. D’un côté, comme de l’autre…

Interrogé par publicsenat.fr, le président du groupe RDSE, Yvon Collin, fait d’abord mine de s’étonner : « Je ne suis pas dans les intentions profondes et secrètes des membres de mon groupe. Je ne suis pas dans la confidence. Bel m’a posé la même question, je lui ai fait la même réponse ». Sur 18 sénateurs, 13 sont classés à gauche, 5 à droite. « Après, qu’il y ait une variante d’une ou deux voix qui passerait de l’autre côté, je ne sais rien », admet Yvon Collin. Il ajoute : « Ces voix venus d’ailleurs s’annulent en général ». Les transferts pourraient se faire dans les deux sens pense le sénateur du PRG, reçu il y a peu par François Fillon au sujet de la règle d’or.

RDSE et centristes en faiseurs de rois

En cas de résultats extrêmement serrés dimanche soir – une hypothèse possible – un troisième homme peut-il sortir du chapeau ? Les deux premiers tours pour l’élection du président se font à la majorité absolue, le troisième à la majorité relative. Le RDSE pourrait dans ces conditions jouer sa carte. « Il y a un pas difficile à franchir. Il faudrait être dans une situation de blocage », tempère Yvon Collin. Mais il n’écarte pas totalement ce « scénario particulier. On peut toujours l’envisager ». Le groupe pourrait alors présenter « un candidat qui essaie d’aller au-delà » des clivages. « Ça peut-être le président de groupe », glisse Yvon Collin, « ou un autre », comme Jean-Pierre Chevènement, qui « occuperait avec talent une telle fonction ».

Le groupe centriste, avec notamment le président de la commission des finances, Jean Arthuis, pourrait aussi jouer les recours en cas de blocage. Et à défaut de présidence du Sénat, hypothèse qui reste peu probable pour eux, les groupes RDSE et centristes pourront facilement négocier des présidences de commissions si la majorité ne tient que sur les doigts d’une main. « L’heure de vérité » approche. Une chose est sûre, conclut Yvon Collin : « Ce sera ric-rac, quoi qu’il arrive ».

 

 
Madla Rogaland
Ils ont raison tous ces thuriféraires de la gauche ... Qu'elle arrive et vite ...Et on va voir tout de suite la différence... On va travailler moins et gagner plus, la retraite va être de nouveau à 60 ans, on aura moins d'impôts, encore plus de protection sociale, un secteur public en développement, la violence va s'atténuer, et l'école performante. Quant à l'économie nos PME vont être compétitive. On va enfin exporter et le monde va nous envier et nous copier... j'espère simplement que la gauche ne va prendre le sénat en bourrant les urnes
Madla Rogaland
Ils ont raison tous ces thuriféraires de la gauche ... Qu'elle arrive et vite ...Et on va voir tout de suite la différence... On va travailler moins et gagner plus, la retraite va être de nouveau à 60 ans, on aura moins d'impôts, encore plus de protection sociale, un secteur public en développement, la violence va s'atténuer, et l'école performante. Quant à l'économie nos PME vont être compétitive. On va enfin exporter et le monde va nous envier et nous copierJ'esp
françois
j 'espere que le senat passera a gauche puisque il y a un grand besoin d une politique alternative dans ce pays!!!
julien bézy
j'espère que le sénat deviendra à gauche ce qui défirait toutes les combinaisons droitières qui sévissent depuis des années.
Arnaud
Un Sénat à gauche, et vite ! ça fera du bien  
ca te regarde ?"
Ferme les yeux, respire profondément et regarde le ciel.

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