Sarkozy : «Cette campagne n’est pas faite pour ceux qui doutent»

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François Vignal
Le 11.04.2012 à 19:54
Sarkozy : «Cette campagne n’est pas faite pour ceux qui doutent»
Nicolas Sarkozy, à la Maison de la Mutualité.
© AFP
Devant ministres, parlementaires et élus locaux UMP, Nicolas Sarkozy a défendu sa réforme des collectivités locales, tout en cherchant à dramatiser cette fin de campagne. Il promet de ne pas augmenter les impôts, alors que la TVA sociale touchera les consommateurs, s’il est réélu.

Moi ou le chaos. A quelques jours du premier tour, Nicolas Sarkozy dramatise l’enjeu. « Nous sommes passés au bord du gouffre (…) d’une implosion de l’euro. Nous sommes passés à quelques centimètres de l’explosion », a lancé le candidat à la salle de la Mutualité, à Paris, lors d’une réunion consacrée aux élus locaux. En réalité peu d’élus, surtout des ministres, des parlementaires UMP et quelques militants pour remplir la salle. Fillon est assis à côté de Copé. Toute la majorité est réunie. Ou presque. Dati et Raffarin sont absents. Un parterre qui contraste avec le passé de cette salle historique de la gauche française. Sur un mur, pas loin d’une affiche Sarkozy, trône une photo noir et blanc de Georges Marchais, l’ancien secrétaire général du PCF. Autre époque.

Dépenses publiques : les collectivités visées

Mais cet après-midi, le bleu est à l’honneur. Et le rose épinglé. « La France ne peut pas choisir la voie de la faiblesse », prévient le candidat. Il annonce un avenir à la grecque ou à l’espagnol en cas d’élection du candidat PS. Alors que François Hollande réunit ses soutiens pour un grand meeting en plein air dimanche à Vincennes, Nicolas Sarkozy a appelé ses troupes à se mobiliser le même jour place de la Concorde. Les chiffres de participations seront regardés de près. Ils seront aussi difficilement vérifiables.

« Cette campagne électorale n’est pas faite pour des gens à la colonne vertébrale un peu fragile. Cette campagne n’est  pas faite pour ceux qui doutent. Elle n’est pas faite pour ceux qui pensent que la victoire est facile », affirme un Nicolas Sarkozy qui a passé la moitié de son discours à défendre sa réforme des collectivités locales, décriée jusque dans ses rangs. Il attaque « les sénateurs PS », accusés d’avoir « voté l’abrogation du conseiller territorial ». Il justifie la réforme des cartes judicaires, militaires et hospitalières. Pour réduire les dépenses locales, il propose d’instaurer pour les collectivités un « pacte de stabilité avec engagement réciproque, individualisé, département par département, région par région », avec un système de « bonus-malus » pour définir le niveau des dotations de l’Etat. « Il faut récompenser les comportements vertueux », lance-t-il. Il veut une feuille d’impôt « par collectivité ». Elles sont dans leur grande majorité détenues par la gauche. Et compte supprimer « deux anciennes normes » pour toute nouvelle créée, voire « si nécessaire », en créer des normes urbaines différentes des normes rurales.

« Solidarité financière » pour le monde rural

Le monde rural, Nicolas Sarkozy essaie de le brosser dans le sens du poil. Il appelle à créer « une solidarité financière entre les territoires urbains et les territoires ruraux » pour développer le très haut débit sur tout le territoire. En revanche, pas sûr que tous les ruraux apprécient, lorsque le candidat UMP « préfère mettre de l’argent dans un pôle d’excellence plutôt que dans un bureau de poste ou une trésorerie ».

Nicolas Sarkozy a renouvelé sa promesse de 2007 : ne pas augmenter les impôts. Car l’objectif d’un retour à l’équilibre des finances publiques fixé à 2016 par le candidat devra être atteint « sans aucune augmentation d’impôt sur les années qui viennent ». Promesse impossible à tenir pour le candidat. En cas de réélection, la TVA sociale, votée par le Parlement, doit être appliqué le 1er octobre. Elle se traduira pour le consommateur par une hausse de la TVA de 19,6 à 21,2%.