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Sarkozy défend pour les Républicains un « projet collectif ambitieux » mais sans surprise

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François Vignal
Le 14.02.2016 à 14:07

Nicolas Sarkozy a présenté, dimanche lors du Conseil national des Républicains, le texte qu’il soumettra aux militants en avril. Un socle pour le parti, dont ne veut pas entendre parler Alain Juppé. Pour lui, seule la primaire sera le juge de paix.

Le teasing était là samedi, au premier jour du Conseil national des Républicains. Un peu trop peut-être. On allait voir ce qu’on allait voir. En présentant un texte programmatique qui « l’engage »,  ce dimanche, Nicolas Sarkozy n’a pourtant pas surpris. Le président des Républicains a présenté des mesures ou principes dans la droite ligne de ses propos passés. Il reprend ses déclarations récentes ou même des idées de 2012. Un discours tenu en l’absence des principaux concurrents à la primaire, qui avaient mieux à faire : François Fillon et Bruno Le Maire n’étaient pas là, Alain Juppé, qui n’a même pas pris la parole hier, a réservé sa journée pour la Saint-Valentin. La politique de la chaise vide.

Les proches du maire de Bordeaux ont prévenu hier : ce texte sur  lequel les militants se prononceront en avril, ne l’engagera en rien. Ce sont les primaires qui détermineront la ligne (voir notre article sur le sujet). Ce n’est pas l’avis de Nicolas Sarkozy : « Ce projet collectif ambitieux, il engagera notre mouvement et chacun de ses membres. Sinon ce projet politique n’aurait pas de sens » dit-il…

Le « cadre » programmatique du parti 

Le président des Républicains a d’abord donné ce qu’il estime être le « cadre », « les points cardinaux du projet ». Une série de mesures qui prend des allures de catalogue électoral. L’ancien chef de l’Etat entend défendre « la nation » et « l’autorité de l’Etat », un Etat « qui protège, facilite », mais aussi « assure l’ordre ».

Economiquement, c’est globalement le discours classique de la droite. Les prétendants à la primaire auront du mal à clairement se différencier sur ce point, avec un François  Fillon qui tente de défendre une ligne plus jusqu’auboutisme (voir notre article). « Nous refusons le partage du temps de travail et les 35 heures », affirme Nicolas Sarkozy, qui veut « refonder notre modèle social en faisant de l’entreprise le lieu principal du dialogue social », réformer « le marché du travail ». Il vise aussi les syndicats. « Fiscalité, normes, charges », voilà pour lui « les raisons du déclassement » français. Nicolas Sarkozy prévient : « Une alternance qui ne passerait pas par une baisse franche et simultanée des impôts et des dépenses publiques dès l’été 2017 ne serait pas une alternance digne de ce nom ».

Il ne veut « pas d’allocations sans engagements de rendre à la collectivité par son travail une partie de ce qu’elle nous a donné ». Une référence au débat sur le conditionnement du RSA en échange d’heures de travail.

Nicolas Sarkozy défend « l’utilité » de l’Europe, mais sans un « Schengen II digne de ce nom », la France « contrôlera elle-même ses frontières ». Si les européens ont le droit de circuler « librement » dans l’espace Schengen, ce ne doit pas être le cas des étrangers non-communautaires. S’il défend « l’histoire d’ouverture et d’accueil » de la France,  il faut contrôler le nombre de migrants accueillis et « proposer à chacun de s’assimiler et non pas simplement de s’intégrer ». Côté laïcité, il entend « préserver la neutralité religieuse dans les administrations, écoles, collèges, lycées et qu’elle soit encadrée dans les entreprises ».

Refus du « laxisme » dans la politique pénale, opposition à la GPA pour tous, plan Marshall pour la ruralité, budget de la défense défendu, etc : Nicolas Sarkozy égrène les sujets. C’est le socle qu’il veut voir graver dans le marbre du parti.

Stratégie : s’adresser à tous, y compris les électeurs du FN

« Tout dire pour tout faire après ». Nicolas Sarkozy veut jouer cartes sur table. Et s’adresser « à tous les Français : sans considération pour l’origine, l’âge, le statut social ou les choix politiques antérieurs. Qu’ils aient fait le choix du FN ou d’une autre formation, (…) nous les accueillons ».  Le timing : avoir un projet « avant l’été » pour Les Républicains, qui « refusent d’être réduits à un club de supporteurs » pour la primaire. Il rappelle que le parti « est une grande formation de la droite et du centre » et son refus du front républicain.

Reprenant un passage du discours de Jean-Pierre Raffarin sur les quatre tours, qui finalement marqueront le processus, il lance : « Au premier, tu rassembles tes amis, au second tu rassembles ta famille, au troisième tu rassembles tous les Français de la droite et du centre et au quatrième tu rassembles tout le monde. C’est comme ça qu’on est élu président de la République » lance-t-il sous les applaudissements d’une salle qui est resté assez calme (voir la vidéo).

La procédure : amendements puis vote des militants

Le texte sera envoyé aux secrétaires départementaux. Il pourra être amendé dans les fédérations courant mars. Un bureau politique sera rassemblé avec le texte amendé, « avec une partie des amendements ». « Soit il l’adopte, soit il l’amende à son tour, soit il propose des amendements au vote des militants voire il propose d’autres textes ». Au final, tous les adhérents auront à se prononcer par un vote en avril.

Pour Nicolas Sarkozy, c’est le parti et ses militants qui définiront ce projet de base. Une manière pour lui de contourner les primaires. Pour Alain Juppé, c’est au contraire le seul juge de paix.