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Sarkozy en examen : «Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre» dit Longuet

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François Vignal (images : Jordan Klein)
Le 17.02.2016 à 18:44

Après la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour le dépassement de ses frais de campagne, les soutiens de Fillon ou Juppé ne chargent pas davantage le président des Républicains. Reste que le climat des affaires continue de peser sur Nicolas Sarkozy et sa campagne pour la primaire.

La mise en examen de Nicolas Sarkozy est une mauvaise nouvelle pour le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, futur candidat à la primaire de la droite et du centre. Consolation : il est uniquement mis en examen pour le dépassement des frais de sa campagne présidentielle 2012. Une explosion des dépenses à hauteur de 22,5 millions d’euros. Concernant l’affaire Bygmalion de système de fausses factures, il est simplement placé sous le statut de témoin assisté pour les chefs d’accusation d'usage de faux, escroquerie et abus de confiance. Mais il s’agit néanmoins d’une mise en examen de plus, après celle de l’affaire dite des écoutes. Le nom de Nicolas Sarkozy continue donc à être associé au climat des affaires. Ce n’est pas cela qui l’aidera à combler le retard dans les sondages pour la primaire face au favori Juppé.

Les soutiens de Nicolas Sarkozy – du moins ceux qui acceptent de répondre aux médias – défendent l’ancien chef de l’Etat du mieux qu’ils peuvent. Quelques minutes avant l’annonce de la mise en examen, Brice Hortefeux, affirmait sur Public Sénat que « l’honnêteté et la probité de Nicolas Sarkozy ne sont pas mises en cause ». Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a dénoncé mercredi « une forme d'acharnement », argument relayé lors de chaque affaire. « Que chacun se souvienne qu'une mise en examen n'est pas une condamnation. (…) L'affaire Bygmalion n'implique en rien le président Sarkozy, qui n'est pas mis en examen dans ce dossier. C'est seulement comme signataire de son compte de campagne de 2012 qu'il est mis en examen formellement » a souligné dans un communiqué Guillaume Larrivé, porte-parole de LR.

« Une mauvaise nouvelle pour la politique en général »

Ses opposants se réjouissent-ils de leur côté ? Non, les soutiens des concurrents de Nicolas Sarkozy ne cherchent pas à charger davantage l’ancien chef de l’Etat. Peut-être parce que la situation fait elle-même son travail de sape. Tous dénoncent avant tout, comme Gérard Longuet, « une mauvaise nouvelle pour la politique en général. Cela entretient l’idée que les responsables politiques peuvent parfois prendre des libertés avec la loi ». L’ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, qui soutient François Fillon pour la primaire, « n’imagine pas un seul instant que Nicolas Sarkozy soit personnellement et directement incriminé » (voir la vidéo ci-dessus).

Il faut dire qu’en matière judicaire, Gérard Longuet s’y connaît. « J’ai été mis en examen cinq fois et j’a été relaxé cinq fois entre les non-lieux et les relaxes. Donc il faut avoir beaucoup de sang froid et attendre la fin de la procédure » conseille l’ancien président du Parti républicain. Il avait été mis en examen pour le financement occulte de cet ancien parti, avant de bénéficier d’un non-lieu. Cependant, Gérard Longuet ajoute : « L’évangile l’a dit : que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. Je ne vois pas qui peut jeter la première pierre. En tout cas pas chez les hommes politiques. (…) Il n’y a pas de Saint sur terre. (…) Ils sont dans le ciel » lance-t-il avec le sourire… Le sénateur s’étonne de la lenteur de la procédure : « Quatre ans pour établir quelque chose d’important, ça parait curieusement long. Le calendrier m’étonne. C’est habituel. Ce n’est pas une image clair de la procédure ».

Les autres « attendent que la justice se détermine et continue son œuvre »

« Toutes ces histoires judiciaires ne sont pas une bonne nouvelle pour la politique, elles ne servent personne, ni Alain Juppé, ni François Fillon, ni Nicolas Sarkozy, ni Bruno Le Maire, ni tous les candidats à la primaire » confirme la sénatrice LR Sophie Primas, autre soutien de François Fillon. Elle ne croit pas que cela change quelque chose à la primaire. « Les gens qui aiment Nicolas Sarkozy aiment Nicolas Sarkozy et ne doutent pas de son innocence. Ceux qui sont autour attendent que la justice se détermine et continue son œuvre » ajoute-t-elle…

Regardez en vidéo les réactions des sénatrices LR Sophie Primas, Catherine Procaccia et Fabienne Keller :

La sénatrice LR Catherine Procaccia, qui ne soutient encore personne, pointe aussi « un coup dur pour la vie politique en général », tout en renvoyant la balle dans le camp socialiste. Elle rappelle des révélations de L’Express, en juillet dernier, sur « des zones d’ombres sur le financement de la campagne de François Hollande et la commission des compte de campagne qui l’avait quand même validé alors que plus de 200 justificatifs n’avaient pas été donnés ».

On n’en rajoute pas du côté de chez Juppé

Les plus prudents sont à trouver du côté… d’Alain Juppé. « Nous sommes engagés dans un processus de primaire et ce qui compte ce sont les projets. Nous sommes engagés dans un débat de fond. (… ) Quant à la justice elle a son indépendance. Elle fera son travail. (…) Je fais confiance à la justice, mais cela est séparé de l’engagement politique » affirme  la sénatrice Fabienne Keller, membre de l’équipe de campagne du maire de Bordeaux pour la primaire.

Sur Twitter, Alain Juppé a même exprimé… ses « amitiés » à Nicolas Sarkozy dans ces « moments difficiles ». « Les procédures judicaires sont difficiles humainement. Il a voulu marquer le fait qu’il comprenait la souffrance de Nicolas Sarkozy » explique Fabienne Keller. Alain Juppé est tellement sensible au sort du président des Républicains qu’il serait certainement, en cas de condamnation, le premier à lui apporter des oranges.