« Sarkozy fait passer le message que c’est lui qui prend des décisions importantes pour le pays »

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E.B.
Le 27.06.2011 à 19:28

Brice Teinturier de l’institut Ipsos revient sur la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. Selon lui, le président a cherché à donner une image de compétence et de crédibilité.

Pourquoi organiser une conférence de presse maintenant ?
Il n’est pas inintéressant que cette conférence ait lieu au moment où il y a une séquence très importante, centrée sur le PS. Nicolas Sarkozy ne veut pas laisser le monopôle à Martine Aubry. Il a fait un choix de positionnement : la crise est quelque chose d’extrêmement structurant, il a pris un nombre de décisions importantes. Ces décisions engagent l’avenir du pays sous l’angle de l’industrie, de la recherche, de l’enseignement, de l’avenir. Il fait passer le message que celui qui prend les décisions importantes pour le pays c’est lui. Il a voulu mettre cette dimension de priorité à l’avenir en avant. C’est comme s’il disait « il y a la politique politicienne mais moi je suis là pour parler d’avenir ».

Le président n’a pas souhaité dévier de son sujet. Cherche-t-il à se positionner pour 2012 en défendant son bilan ?
La façon dont il a géré la crise est quelque chose d’important sur son positionnement. Ca permet de donner une image de compétence et de crédibilité. C’est un enjeu important pour lui, pour son positionnement et pour l’image qu’il veut donner. Je pense que le sujet est important sur le fond car il renvoie à la gestion de la crise. C’est cohérent qu’il soit resté concentré sur le sujet.

Nicolas Sarkozy a annoncé un investissement d’un milliard d’euros dans le nucléaire, un autre d’1,35 milliards d’euros dans les énergies renouvelables. Cherche-t-il à justifier le maintien du nucléaire ?
Justifier, je ne sais pas. Il est sur une position de stratégie de la France qui est le maintien du nucléaire. Mais il envoie un signe qui dit qu’il n’est pas fermé sur les énergies renouvelable. Il y a une réaffirmation de cette position, un clivage entre la droite et la gauche. Jusqu’à une date récente, le PS était sur des positions beaucoup plus pro-nucléaire que maintenant. Avec Fukushima, les écologistes, le PS a évolué. Le nucléaire constitue un élément important de négociation entre Europe écologie-Les Verts et le PS. Je fais l’hypothèse que Nicolas Sarkozy le sait et il essaye d’avoir une position lisible sur ce sujet. Ce qu’il faut retenir, c’est sa réaffirmation en faveur de la sureté du nucléaire. Dans un contexte post-Fukushima, ça montre qu’il est ouvert à d’autres énergies alternatives.

 

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