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Sarkozy motive ses troupes et attaque Hollande le «planqué»
Qui a dit que les parlementaires UMP avaient des états d’âme ? Officiellement, surtout pas eux. S’il y a quelques semaines, certains se posaient des questions, ce midi, à la sortie de leur rencontre avec Nicolas Sarkozy, près du QG de campagne à Paris, députés et sénateurs étaient remontés comme des pendules.
C’est à pied que le candidat-président est arrivé. Le service d’ordre est allégé, du moins en apparence. Nicolas Sarkozy vient à la rencontre des journalistes, comme il veut parler au peuple. Il est en campagne. « Ce sont les Français qui vont décider » de l’élection, lance-t-il. « Les français sont un peuple libre ». Le dernier sondage du jour est encourageant : l’écart se resserre avec Hollande au premier tour. Mais le socialiste reste largement gagnant au second.
« Une ou deux idées par semaine »
Face aux parlementaires, Nicolas Sarkozy s’adonne à son nouveau jeu favori : s’en prendre à François Hollande. Mais s’il en parle, c’est « de manière indirecte », explique le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, « pour dire que dans des périodes comme celle là, il ne faut pas être planqué, il fait faire des propositions. (...) François Hollande pratique l’art de l’esquive. Sauf que l’esquive, ce n’est pas une politique, (…) François Hollande devra sortir à un moment ou un autre de cette stratégie de planque », attaque Copé.
Jusqu’au premier tour, Nicolas Sarkozy compte mettre la pression sur son principal concurrent. Ne pas lui laisser de répit. « Il nous a expliqué qu’elle était sa stratégie (…), c’est d’annoncer des idées, une ou deux par semaine, pour animer le débat en partant du principe, à juste titre, que François Hollande a terminé. Il a donné son programme », explique à la sortie le député de Paris Bernard Debré. Exemple dès ce soir, lors du 20h de France 2. Le candidat doit présenter des propositions « sur le thème du travail », peut-on lire sur son compte Twitter. Manière d’occuper et d’imposer l’agenda médiatique. Ce que le candidat de 2007 avait su faire il y a cinq ans, le candidat de 2012 veut rééditer l’opération.
« Il est difficilement battable ! »
« Maintenant tout le monde est groupé derrière le président de la République », assure le sénateur de Seine-Saint-Denis Philippe Dallier. « Il a fait le constat que son entrée en campagne a été une entrée réussie ».
Hervé Mariton, confiant : « C’est tout sauf la chronique d’une défaite annoncée. Il y a clairement une volonté de gagner. (…) Les troupes savent que les choses sont difficiles et en même temps on a envie de faire bouger les choses », affirme le député. Le secrétaire général adjoint de l’UMP Marc-Philippe Daubresse surenchérit : « Pour ceux qui connaissent Sarko comme nous, on sait que quand il est en campagne, il est difficilement battable ! »
Mais la bataille est encore loin d’être gagnée. « Le Président nous a dit que la campagne sera difficile », selon la députée Chantal Brunel, « qu’il aurait besoin de chacun d’entre nous, qu’il ferait une campagne sur les idées et pas seulement sur l’image ». Tout est dans le « pas seulement ». Car l’image que les parlementaires ont donné aujourd’hui, c’est celle des troupes rassemblées, prêtes au combat électoral.

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