×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus

Sarkozy place son programme sous le sceau de l'exigence budgétaire

+A -A
AFP
Le 05.04.2012 à 18:07
Sarkozy place son programme sous le sceau de l'exigence budgétaire
© AFP

Nicolas Sarkozy a placé jeudi la présentation de son programme sous le sceau de l'exigence budgétaire, indiquant que l'effort porterait « pour les trois quarts » sur les dépenses, par opposition au « matraquage fiscal » que prépare, selon lui, François Hollande s'il est élu.

A 17 jours du premier tour de la présidentielle, le président-candidat s'est livré à l'exercice de la conférence de presse pendant une heure et demie pour dévoiler sa « lettre au peuple français » de 34 pages -tirée à plusieurs millions d'exemplaires et adressée dès jeudi-, ainsi qu'un document synthétisant son programme en 32 propositions, pour la plupart déjà évoquées.

Conformément à sa stratégie consistant à distiller les propositions, il a annoncé une nouvelle mesure en promettant que, dès juillet, les retraites seraient versées au 1er jour du mois et non plus le 8. Cette mesure changerait « la vie quotidienne de 15,5 millions de Français retraités », a-t-il estimé.

Il a aussi proposé de supprimer les défiscalisations liées aux délocalisations hors d'Europe. En revanche, s'agissant de la réforme du permis de conduire, il faudra attendre. « C'est un vrai sujet », il est « très cher, trop cher », et, « avant la fin de la campagne, je ferai effectivement des propositions », a-t-il noté.

D'emblée, M. Sarkozy a surtout placé l'ensemble de son projet sous « l'objectif impératif » de la réduction du déficit public, envisageant même un excédent budgétaire de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2017.

« Il y a un rendez-vous: moins de 3% en 2013, l'équilibre en 2016 », a-t-il fait valoir, signalant que, « grâce au courage des Français, nous sommes en avance sur la trajectoire ».

Il a pris comme contre-exemple l'Espagne, ce "grand pays" incapable d'être "au rendez-vous des engagements pris » et contraint « de baisser les retraites et de diminuer les salaires ». « La situation que connaissent aujourd'hui nos amis espagnols, après celle qu'ont connue nos amis grecs, nous rappelle à des réalités », a-t-il souligné.

En conséquence, M. Sarkozy a affirmé son intention de faire voter la règle d'or budgétaire « dès l'été 2012 », accusant de nouveau les socialistes français d'être les seuls en Europe à ne pas avoir « voulu prendre cet engagement ».

M. Sarkozy a par ailleurs annoncé que Paris demanderait, s'il est président, le gel de sa contribution au budget de l'Union européenne, une économie annuelle selon lui de 600 millions d'euros.

Répétant que les collectivités locales devraient également réduire leur train de vie, il a indiqué que « les trois quarts » des efforts de l'Etat porteraient sur la réduction des dépenses.

« Le quart restant » se fera « par la hausse des recettes », a ajouté le président-candidat, d'après qui l'effort à fournir pour revenir à l'équilibre budgétaire en 2016 atteint « 115 milliards d'euros », plus le coût de ses propositions (« 9,5 milliards »), soit un total de 124,5 milliards.

M. Sarkozy a opposé cette stratégie au « matraquage fiscal promis (...) par le candidat socialiste ».

Fustigeant « un festival de dépenses nouvelles » proposé, selon lui, par le camp adverse, il a taclé la feuille de route présentée mercredi par M. Hollande pour la première année, « une forme de mépris pour l'électeur ».

« Je n'ai jamais cru aux 100 jours », a-t-il relevé.

En outre, M. Hollande risque d'être « pris en otage » par Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), ce qui aboutirait à abattre en « deux jours » cinq ans d'efforts des Français, selon lui.

M. Sarkozy s'en est également pris aux socialistes sur la question des postes à répartir après le 6 mai, évoquant « la scène où Mme Royal est déjà présidente de l'Assemblée nationale ». « Grotesque et choquant », a-t-il grincé.

A une question sur l'hypothèse d'un futur Premier ministre qui ne serait pas issu de l'UMP mais peut-être du MoDem, M. Sarkozy a répondu que « c'est l'affaire du candidat élu, pas des autres ».

Le président-candidat, encore assez nettement devancé dans les sondages au 2e tour, a enfin donné rendez-vous "par milliers" à ses soutiens le 15 avril place de la Concorde, à Paris, le jour même du meeting prévu par M. Hollande au château de Vincennes.

Il a assuré sentir une « mobilisation », une « vague », autour de sa candidature.