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Sarkozy de retour à Toulon pour parler crise
Nicolas Sarkozy est attendu jeudi en fin de journée à Toulon pour tenter d'esquisser le chemin d'une sortie de crise pour la France et la zone euro, à l'occasion d'un "grand discours" prononcé sur fonds d'intenses et délicates tractations avec l'Allemagne.
Le 25 septembre 2008, le chef de l'Etat avait marqué les esprits en détaillant pour la première fois, dans le même port du Var, la gravité de la tempête mondiale provoquée par l'effondrement de la banque américaine Lehmann Brothers et en dénonçant les "dérives" du capitalisme financier.
A cinq mois de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a choisi le même cadre pour parler, à partir de 18h30, des "conséquences que la France et l'Europe doivent tirer des crises". Avec l'ambition d'y rééditer le "coup" qui lui avait permis en 2008 de remonter dans les sondages.
Mais trois ans après "Toulon 1", la situation du pays s'est sérieusement aggravée. Le chômage a atteint son plus haut niveau depuis 1999, les experts ont révisé à la baisse les perspectives de croissance pour 2012 et sa fameuse note AAA, dont le maintien a été érigé en priorité absolue par le président, ne semble plus tenir qu'à un fil.
Surtout, l'avenir de la zone euro n'a jamais semblé autant menacé par la crise des dettes souveraines. Les dirigeants européens doivent se retrouver dans une semaine à Bruxelles, après plusieurs rendez-vous manqués ces derniers mois, pour enfin tenter de conjurer le spectre d'une déflagration économique planétaire.
Depuis plusieurs jours, Paris et Berlin négocient d'arrache-pied pour accoucher d'une "initiative" conjointe destinée à améliorer la gouvernance économique européenne et ramener enfin le calme sur les marchés.
Mais ces tractations sont âpres. L'Allemagne veut imposer une discipline budgétaire de fer à toute l'Europe et refuse catégoriquement que la Banque centrale européenne (BCE) joue un rôle accru pour venir en aide aux Etats en difficulté, comme l'en pressent la France et l'Italie notamment.
En France, ce "pacte" suscite la crainte d'un "deal" qui se traduirait par un "diktat" allemand et un abandon de souveraineté qui trouble toute la classe politique et a réveillé de vieux réflexes eurosceptiques.
Mercredi, la gauche a fait feu de tout bois, sommant le chef de l'Etat de s'y opposer, au risque d'une confrontation au sein du sacro-saint couple qu'il forme avec la chancelière Angela Merkel. "Depuis plusieurs mois, c'est Mme Merkel qui décide et M. Sarkozy qui suit", a affirmé, en le déplorant, depuis Bruxelles, le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande.
Avant le discours vendredi de la chancelière allemande, M. Sarkozy devrait donc profiter de son discours de Toulon, rédigé par sa "plume" souverainiste Henri Guaino, pour s'efforcer d'apaiser ces craintes et rejouer l'air de "l'Europe qui protège". "L'enjeu des années qui viennent sera de faire rimer Europe avec protection", résume un responsable de l'UMP.
S'il n'est toujours pas candidat, le chef de l'Etat devrait aussi se servir de sa tribune varoise pour justifier les réformes engagées pour sortir le pays de la crise et, au passage, éreinter François Hollande.
Le PS a dénoncé par avance cette posture d'un "président candidat". "Quand on convoque 5.000 militants UMP ce soir dans un Zénith à Toulon, on est en campagne", a jugé le député socialiste Manuel Valls.
Conjuguée aux récents "couacs" de la campagne de son rival socialiste, cette posture de "capitaine à la barre du navire France dans la tempête" s'est concrétisée pour Nicolas Sarkozy par un net regain de forme dans les sondages, même s'il est toujours donné largement battu en 2012.

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