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Le Sénat a adopté la réforme des collectivités territoriales

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Tam Tran Huy
Le 09.11.2010 à 17:22
Le Sénat a adopté la réforme des collectivités territoriales
© AFP

166 voix contre 163. Le Sénat a adopté d’extrême justesse le texte de compromis sur les collectivités territoriales. Sous les applaudissements, les huées et après plusieurs heures de joutes verbales…  L’hémicycle, en ce mardi, a rassemblé la foule des grands jours et pour cause. Le Sénat représente constitutionnellement les collectivités. Après des mois de débats, de chantages et de tractation, les orateurs se sont succédé dans l’hémicycle. Et ont rivalisé d’images et d’accents passionnés.

Jean-Pierre Sueur : « Une palinodie inacceptable »

Le socialiste Jean-Pierre Sueur n’a qu’une expression à la bouche : « le Sénat humilié », humilié et écrasé par l’Assemblée nationale dont les apports ont été en majorité conservés.  Le sénateur socialiste du Loiret s’interroge sur la « trouvaille incroyable des 12,5 % » et ironise : « Quelle avancée épistémologique ! Ça change tout ! » Et de conclure sur le caractère inacceptable de cette « palinodie » sous les applaudissements de l’opposition.

Jacques Mézard : « Cette loi trépassera avant de vivre »

Une fois n’est pas coutume, l’opposition prend des accents gaulliens. Jacques Mézard évoque un Sénat « humilié par la chronologie invraisemblable de ces textes, (…) humilié aussi par le feuilleton rocambolesque du mode de scrutin, humilié par le dernier acte de la CMP ». L’ancien avocat scande ses reproches et fait preuve d’inspiration : « Nous espérons que cette loi trépassera avant de vivre. » (…) « La nouvelle architecture locale relève du baroque non flamboyant. » Dans l’après-midi, François Patriat, sénateur socialiste de Côte-d’Or, décrit enfin une réforme placée sous une trinité peu glorieuse : « cantonalisation, c’est-à-dire une régression de la représentation, caporalisation sous la tutelle des conseillers généraux et carbonisation ».

Gérard Longuet : « Les guerres picrocholines entre les collectivités »

A droite, la palme de l’éloquence revient au président du groupe UMP Gérard Longuet. Ouvrant sur son soutien sans faille à la réforme, il s’adresse plusieurs fois à Jean-Pierre Sueur : « J’ai écouté avec étonnement M. Sueur, qui semblait parler d'un autre texte. » (…) « Monsieur Sueur, craignez-vous tant la misogynie du parti socialiste au point de ne pas le croire capable de faire élire des femmes ? ». Les pics s’enchaînent et vont de pair avec des métaphores enflammées : « Nous avons trop souffert dans nos régions des guerres picrocholines entre collectivités » (… ) « Il n'y a pas de big bang, de grand soir des collectivités territoriales. »

Finalement, après trois heures d’explications de vote, le Sénat a adopté les conclusions de la Commission mixte paritaire sur les collectivités territoriales. Par seulement deux voix de majorité. Preuve qu’un nombre suffisant de centristes hésitants a pu être rallié à la cause de l’UMP. Preuve que la majorité au Sénat plie mais ne rompt pas. Pour l’instant.

 
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