Au Sénat ou à l’Assemblée, la majorité fait bloc pour défendre Eric Woerth
« Comme disait Chirac. Ça fera pshiiit », croit le sénateur Bruno Sido. « Il ne mérite pas ça », assure Philippe Dallier. « Ces attaques contre Eric Woerth sont très graves », selon Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois du Sénat… Avant la réunion hebdomadaire du groupe UMP au Sénat, la tonalité est à la défense du ministre du Travail ce mardi matin.
Depuis plusieurs jours, l’affaire Woerth est en passe de supplanter l’affaire Bettencourt, du nom de l’héritière de l’empire L’Oréal, et femme la plus riche de France. Des enregistrements pirates révélés la semaine dernière par Mediapart suggèrent de possibles fraudes fiscales dans la gestion de la fortune de Liliane Bettencourt, dont la femme d’Eric Woerth a été chargée en partie, ce qui a valu à Eric Woerth des accusations de « conflit d'intérêts ». Depuis sa femme a quitté ses fonctions. Le ministre dément.
Devant la polémique, François Fillon a dû prendre la parole à l’Assemblée ce mardi après-midi pour assurer que son ministre du Travail était un « homme intègre » qui avait toute sa « confiance ». Eric Woerth lui-même a dénoncé devant les députés une attaque « immonde », « ignoble », ajoutant : « Mon intégrité comme celle de Florence (son épouse, ndlr) est totale ».
Jalousies ?
Au Sénat, même son de cloche. « Monsieur Montebourg ferait bien de modérer ses propos que de se poser en Fouquier-Tinville (accusateur public du tribunal révolutionnaire, ndlr) de la République », lance Philippe Dallier, qui voit en Eric Woerth « quelqu’un d’honnête ». « C’est un homme parfaitement estimable », renchérit Jean-Jacques Hyest, qui souligne « qu’aucun élément » n'est à imputer au ministre. Et les écoutes ? « Il faudrait les vérifier. Est-ce qu’elles sont fiables ? Il faut être prudent ».
« C’est un excellent ministre. On peut comprendre que ça suscite des jalousies », selon Pierre Bordier, sénateur de l’Yonne. Le moment où sort l’affaire – la réforme des retraites que mène Woerth – « n’est certainement pas un hasard », croit Jean-Jacques Hyest. De quoi aussi « affaiblir un homme en première ligne. C’est toujours dur psychologiquement », selon Jean-Paul Alduy, sénateur des Pyrénées-Orientales.
« Il n’y a pas de raison que Mme Woerth soit pénalisée pour la carrière de son mari »
A moins que ce soit la femme du ministre, Florence Woerth, qui soit à plaindre. C’est du moins ce que dit la sénatrice de Gironde Marie-Hélène Des Esgaulx : « Soit on veut la peau d’Eric Woerth, soit, et je me demande s’il n’y a pas de ça, il y a un traitement inégalitaire entre homme et femme. Mme Woerth est critiquée, alors qu’elle a vraiment un parcours professionnel indiscutable. On ne ferait pas ça à un homme », croit-elle. « Il n’y a pas de raison qu’elle soit pénalisée pour la carrière de son mari », ajoute même Joëlle Garriaud-Maylam.
Les socialistes n’ont manifestement pas la même analyse. Après une certaine retenue dans les attaques, à l’exception d’Arnaud Montebourg, deux députés et Jean-Marc Ayrault, patron du groupe PS, sont revenus à la charge à l’Assemblée. Histoire que ça ne fasse pas « pschiiit ».




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