Le sénateur Denis Detcheverry de Saint-Pierre-et-Miquelon quitte l'UMP
Le sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon, Denis Detcheverry, a annoncé mercredi qu'il quittait l'UMP pour rejoindre les bancs du groupe Rassemblement démocratique et social européen (RDSE, à majorité radicaux de gauche), reprochant au parti majoritaire son « mépris ».
Dans des courriers au président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, et au secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, Denis Detcheverry souligne que « cette décision est mûrement réfléchie et fait suite à l'indifférence, voire le mépris, de la rue la Boétie et de certains membres du gouvernement ».
« Mon enthousiasme et ma volonté de m'investir en faveur de l'UMP ont laissé la place à beaucoup d'amertume, et parfois même à de la colère, face au peu de considération dont le parti a fait preuve pour mon action politique de terrain en faveur de mon territoire et de sa population », écrit-il à Gérard Longuet, dans différentes lettres.
Dans celle à Xavier Bertrand, il affirme qu'il « n'a pas trouvé au sein de l'UMP la disponibilité, les soutiens et les relais qu'il espérait et qu'on lui avait promis ».
Par ailleurs, dans une note sur Saint-Pierre-et-Miquelon (6.000 habitants), petite collectivité française d'Amérique du Nord, dont il juge la « situation inquiétante », Denis Detcheverry dénonce « le double langage du gouvernement français ».
« Si la France souhaite laisser tomber Saint-Pierre-et-Miquelon malgré des siècles de prospérité et le patriotisme de ses habitants, qu'elle ait au moins la décence et l'honnêteté de le dire », écrit-il.
Le sénateur se demande si les états généraux de l'outre-mer organisés en 2009 ne l'étaient pas « juste pour apaiser les tensions après les émeutes qui ont démarré dans les Antilles ».
Il affirme que « tout le monde sait que le ministère de l'outre-mer (MOM) est totalement désorganisé, une coquille vide comme disent certains de ses fonctionnaires ».
Selon lui, le MOM « se substitue aux autres ministères sans pour autant avoir les compétences techniques de ses attributions, avec pour conséquence encore et toujours un grand manque d'efficacité en faveur de l'outre-mer ».
« Il serait grand temps qu'on cesse de se contenter de flatter l'ego des ultra-marins et qu'on leur permette d'intégrer pleinement la République française », ajoute-t-il.
Avec l'arrivée de Denis Detcheverry, le groupe RDSE présidé par Yvon Collin (PRG) compte à nouveau 17 membres. Il avait perdu un de ses membres avec la nomination fin février de Michel Charasse au Conseil constitutionnel. Il faut 15 membres pour constituer un groupe politique au Sénat.





















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