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Série Baron Noir : « La confrontation entre les idéaux et l’exercice du pouvoir est bien plus marquée à gauche »

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Simon Barbarit
Le 19.02.2016 à 14:03
Série Baron Noir : « La confrontation entre les idéaux et l’exercice du pouvoir est bien plus marquée à gauche »
© Canal+

Conquête et exercice du pouvoir d’un Parti socialiste en pleine tourmente, actuellement diffusée sur Canal +, la série « Baron Noir » marque une nouvelle étape de la fiction politique française. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne sont ici pas fortuites. Entretien avec le coscénariste Eric Benzekri

Traiter le monde politique dans une série : c’est du jamais vu en France ?

Oui, l’idée est venue assez naturellement, il nous a semblé que ça manquait au paysage des séries françaises. La France se prêtait bien à l’exercice. La France est une nation très politique on souhaitait donc interroger la vie politique à travers une série romanesque.

Les partis politiques sont présentés sous leurs vrais noms, le PS, Les Républicains... Il y a-t-il eu des réticences de la part des diffuseurs ?

Aucune. C’était notre volonté et celle de la production dès le départ. Nous ne voulions pas être dans un monde politique totalement imaginaire. Les fondamentaux de la vie politique telle qu’elle existe dans le réel sont les mêmes. Seuls les personnages changent.

Vous venez du monde politique, vous avez travaillé notamment avec Julien Dray qu’on a d’ailleurs appelé le « Baron noir ». Comment vous-êtes vous inspiré de cette expérience ?

Ce ne sont pas des évènements réels qui nous inspirent, c’est l’ensemble du réel. Par exemple, les mouvements étudiants, chaque gouvernement de droite comme de gauche en a eu son lot. Vous parlez de Julien Dray, il a inspiré non pas le personnage principal (Philippe Rickwaert interprété par Kad Merad, ndlr) mais plutôt une génération politique particulière dans laquelle nous mettons aussi Jean-Luc Mélenchon, Jean-Christophe Cambadélis, et d’autres. Ils sont à gauche, des gens qui ne sont pas passé par l’ENA et les cabinets ministériels mais qui sont issus de la gauche militante. On a mis en scène cette différence entre cette génération issue du militantisme et la génération issue des cabinets ministériels, celle de François Hollande ou Ségolène Royal.

A un an d’une élection présidentielle, ne craignez-vous pas que votre série véhicule l’idée du « tous pourris » ?

Non pas du tout. C’est une question qu’on s’est posée par ce qu’on a une responsabilité lorsqu’on écrit sur le monde politique. Il y a des aspects très inquiétants et angoissants mais il y a aussi des convictions dans cette série. Moi j’aurais bien aimé qu’il y ait une réforme de l’Education aussi ambitieuse que celle que propose le Président (Francis Laugier, interprété par Niels Arestrup, ndlr). J’aurais bien aimé qu’un député socialiste préfère la sauvegarde de son usine à un coup pourri de bureaucrates lors d’un congrès du PS. J’aurais aimé bien qu’il ait un Président qui soit capable de faire un discours novateur sur l’Europe comme le fait le Président Laugier.

Cette première saison traite essentiellement du Parti socialiste, cela est dû à votre parcours ?

Non ça n’a rien à voir. Vous-même, je suis certain que vous trouvez plus intéressant de mettre en scène la difficulté qu’a un parti de gauche à mettre ses idéaux à l’épreuve du pouvoir. Parce que cette confrontation entre les idéaux et l’exercice du pouvoir est bien plus marquée à gauche qu’à droite, car la gauche propose tout simplement de transformer le monde. Evidement le réel est un frein à la transformation donc scénaristiquement et dramatiquement c’est beaucoup plus intéressant.

Dans la saison 1, on entend beaucoup parler du FN mais on ne le voit pas. Sera-t-il incarné dans la saison 2 ?

Oui on a planté un décor dans la saison 1. On part d’un camp et on va tenter d’élargir le propos dans la saison 2. De même on verra un peu plus la droite. On ne peut pas trop en parler mais on sera également dans une France « post Charlie ».

Il y a aussi une autre originalité dans cette création, vous avez choisi de vrais journalistes qui incarnent leur propres rôles, Pourquoi ?

Au début, on n’avait pas forcement cette intention. Mais pour les journalistes, on s’est rendu compte qu’il y avait un problème de « flow ». Le flot caractéristique des journalistes, leur façon de parler ne rendait pas formidablement avec des acteurs. On a finalement décidé de prendre de vrais journalistes.

On voit aussi beaucoup Public Sénat...
 

On a tenu à maintenir un pluralisme. On a voulu montrer la diversité du spectre médiatique, y compris Public Sénat. Et par ailleurs Public Sénat nous accueilli sur son plateau pour tourner une scène. C’était très agréable, on a été très bien reçu. Ça a été un plaisir de tourner au Sénat.

Baron Noir : série originale Canal + crée par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon avec Kad Merad, Niels Arestrup, Anna Mouglalis

   


Baron Noir - Bande Annonce [HD] par CANALPLUS