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Smic augmenté de 2% : l’art du compromis

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Florian Bourdier
Le 26.06.2012 à 15:17

Publicsenat.fr VOD

© Public Sénat
C’est officiel : le Smic sera revalorisé de 2% au 1er juillet prochain. C’est ce qu’a confirmé ce midi le ministre du travail et de l’emploi, Michel Sapin.

« Promesse faite, promesse tenue » déclarait le ministre, en sortant d’une réunion avec les syndicats et le patronat. Sur les 2% de revalorisation, il faut compter 1,4% dû à une anticipation de l’inflation normalement prévue au premier janvier de chaque année, auquel s’ajoute 0,6% de « coup de pouce » du mot du ministre.

Cette revalorisation intermédiaire « va permettre d’effacer les pertes de pouvoir d’achat dues à l’inflation » a commenté Michel Sapin, précisant que « pour le dernier semestre, cela représente 90 euros que les salariés ne perdront pas, car revaloriser plus tôt s’est faire gagner de l’argent »

Au sujet des 0,6%  d’augmentation, le ministre du travail a indiqué qu’il s’agissait « du coup de pouce largement le plus élevé depuis 15 ans ». A titre d’exemple, la dernière rehausse du Smic, en dehors de la prise en compte de l’inflation, remonte à 2006. Le gouvernement d’alors avait procédé à une augmentation de 0,3%.

Une revalorisation à mi-chemin

Paul Fourier, membre de la commission exécutive de la CGT, présent à la réunion sur le Smic regrette pour sa part une mesure « nettement insuffisante ». « Nous avons fait le calcul : avec 0,6% supplémentaire, c’est l’équivalent d’une baguette de pain par semaine en plus pour les salariés » a-t-il ajouté.

A l’inverse, Benoit Roger Vasselin, président de la commission Relations du Travail du MEDEF, aurait préféré que le gouvernement se contente de la revalorisation automatique eu égard à l’inflation. « Nous étions d’avis de suivre les recommandations du groupe d’experts indépendants qui préconisait 1,4% de hausse. Les 0,6% de « coup de pouce » auront un impact négatif sur l’emploi ». Magnanime, il reconnaît cependant que « cela reste un engagement raisonnable, et démocratique dans la mesure où c’était une promesse du candidat élu président ».

Le gouvernement aurait donc opté pour un compromis. « Il faut tenir compte de la situation économique de la France, en particulier des PME » expliquait Michel Sapin, avant de préciser « 74% des salariés au Smic sont en PME / PMI, ces mêmes entreprises sur lesquelles on compte pour créer des emplois ». Il conclut ensuite que cette revalorisation constitue « une augmentation réelle  et substantielle, avec environ 22 euros mensuels supplémentaires pendant 6 mois pour les salariés, sans déstabiliser le tissu d’entreprises ».