Sommet européen : compromis sur l'union bancaire

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Le 19.10.2012 à 09:09
Sommet européen : compromis sur l'union bancaire

 

Après une guerre des mots sur les enjeux du sommet de Bruxelles, Angela Merkel et François Hollande ont finalement scellé leur entente dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant une nouvelle démonstration d'une relation franco-allemande faite de divergences assumées.

Quelques heures avant la réunion des 27, le président français et la chancelière allemande avaient entamé la journée par un duel à distance, qui laissait augurer une journée électrique.

A peine arrivé à Bruxelles pour un déjeuner du Parti socialiste européen (PSE), M. Hollande avait affirmé: "le sujet du conseil, ce n'est pas l'union budgétaire, c'est l'union bancaire", prenant l'exact contre-pied de Mme Merkel qui, dans la matinée devant le Bundestag, avait donné la priorité à la discipline budgétaire.

Réplique de la chancelière quelques heures plus tard: alors que la France plaidait depuis des semaines pour une mise en oeuvre le plus rapidement possible de la supervision des banques de la zone euro, elle soulignait la nécessité d'un travail "rapide" certes, mais "en profondeur".

Dans la foulée, le chef de l'Etat français n'hésitait pas à mettre les divergences franco-allemandes sur le compte des "calendriers électoraux" différents, soulignant par la même qu'il vient d'être élu alors que Mme Merkel doit affronter les électeurs dans un an.

Depuis cinq mois, les deux dirigeants ont pris l'habitude d'assumer franchement et publiquement leurs désaccords. Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau président a tranché avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy, montrant sa volonté de sortir d'une relation franco-allemande exclusive, devenu célèbre sous le nom de "Merkozy", pour y associer les autres partenaires européens.

Il en avait fait la démonstration lors du sommet des 28 et 29 juin, prenant appui sur l'Italie et l'Espagne pour faire adopter le pacte de croissance promis pendant sa campagne.

Mais une nouvelle fois, le bras de fer n'a pas tourné à l'affrontement ouvert. Pour aplanir leurs différends, les deux dirigeants se sont entretenus en privé juste avant le début du sommet, arrivant ensuite ensemble dans la salle du Conseil européen.

Au terme d'une réunion marathon qui s'est terminée tard dans la nuit par un compromis sur la supervision bancaire dans la zone euro, M. Hollande a pu se féliciter des convergences franco-allemandes.

"J'ai trouvé, dès que j'ai rencontré Mme Merkel, qu'elle était dans une disposition d'esprit très précise, comme elle l'est toujours, c'est-à-dire d'avoir des étapes, de ne pas les brûler" et "nous nous sommes trouvés facilement", a-t-il assuré. Il s'est félicité d'un "parfait accord avec nos amis allemands qui ont compris que l'union bancaire devait avoir des étapes", ce qu'ils avaient toujours défendu, "et nous aussi", a-t-il ajouté.

Quant à l'idée allemande d'un super commissaire européen doté d'un droit de veto sur les budgets nationaux, "c'est une thèse tout à fait respectable mais qui n'a pas été discutée ce soir", a-t-il dit, une façon élégante de rejeter cette proposition défendue avec force par Mme Merkel quelques heures auparavant.