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Les sondages dans le collimateur des sénateurs

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Laurent Berbon
Le 25.10.2010 à 17:03
Les sondages dans le collimateur des sénateurs
Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste, co-auteur du rapport d'information sur les sondages politiques
© Public Sénat

Les politiques veulent faire le ménage dans les sondages. Deux sénateurs ont rendu un rapport lundi, dans lequel ils préconisent de modifier la législation sur les sondages afin qu’elle soit « plus respectueuse de la sincérité du débat politique ». Une proposition de loi sera prochainement déposée au Sénat.

Remettre de l’ordre dans les sondages. Telle est l’ambition du sénateur UMP Hugues Portelli et de son homologue socialiste Jean-Pierre Sueur, auteurs d’un rapport d’information sur la question. « Il y a de plus en plus de consultations de lecteurs dans les médias. On publie dans le journal sans dire ce que c’est. C’est tout sauf un sondage. Il faut distinguer le sondage d’une simple consultation de lecteurs », explique Hugues Portelli. « Nous sommes le pays où l’addiction aux sondages dans la vie politique est la plus forte en Europe », indique t-il.

Les deux sénateurs proposent donc « une adaptation, une mise à jour de la loi de 1977 », qui « ne définit jamais ce qu’est un sondage d’opinion ». « La loi ne doit pas porter uniquement sur les sondages électoraux, mais sur tous les sondages politiques ». Outre la publication de la marge d'erreur des résultats obtenus, le rapport préconise d’« interdire aux personnes interrogées de recevoir une gratification de quelque nature qu’elle soit ». « Il y a de plus en plus de sondages sur internet où l’on vous dit, si vous répondez vous pouvez gagner un lot », regrette Jean-Pierre Sueur.

Le rapport s’attaque par ailleurs au manque de transparence des sondages et s’appuie sur plusieurs anomalies. Jean-Pierre Sueur rappelle deux sondages contradictoires parus au mois d’août dans le Figaro et dans Marianne. Dans le premier sondage, 70% des Français se disent favorables à la déchéance de nationalité pour les personnes d’origine étrangère ayant porté atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme. Le sondage de Marianne publié huit jours plus tard, fait quant à lui état de 46% de gens favorables à une telle mesure. Le Figaro parlait de « délinquants d’origine étrangère » alors que Marianne parlait de « personnes d’origine étrangère », explique Jean-Pierre Sueur.

Le sénateur du Loiret explique aussi l’importance du rôle joué par l’ordre des questions posées. « Les réponses apportées aux premières questions influencent les réponses apportées aux suivantes, par une sorte d’effet halo ». Le rapport prévoit donc de faire notifier à la commission des sondages le texte intégral des questions posées. « On ne va pas dire quelles sont les bonnes ou mauvaises questions, nous ne sommes pas des censeurs. Nous demandons que la totalité des questions soient déposées. Tout le monde pourra analyser et on aura donc accès à la vérité », affirme Jean-Pierre Sueur.

Le rapport souhaite étudier parallèlement « la possibilité d’uniformiser l’horaire de clôture des bureaux de vote », pour « limiter les risques de fuite des estimations » réalisées à partir des premiers dépouillements. « Il y a un nombre non négligeable d’électeurs qui se déterminent en rentrant dans le bureau de vote », rappelle Hugues Portelli.

Toutes ces préconisations devraient trouver une traduction législative. Une proposition de loi sera déposée au bureau du Sénat dans les prochaines semaines.