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Télécoms : Le gouvernement promet des mesures pour « éviter la casse sociale »

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AFP
Le 17.07.2012 à 18:34
Télécoms : Le gouvernement promet des mesures pour « éviter la casse sociale »
© AFP

Le gouvernement présentera à la rentrée des mesures destinées à « éviter la casse sociale » dans les télécoms, a indiqué mardi la ministre Fleur Pellerin après avoir reçu les opérateurs, au sujet notamment des suppressions d'emplois annoncées chez SFR et Bouygues Telecom.

« Le gouvernement ne tolérera pas que ce secteur détruise ou délocalise des emplois », a affirmé devant l'Assemblée nationale la ministre déléguée à l'Economie numérique et à l'Innovation.

« Dès la rentrée, le gouvernement présentera un train de mesures qui permettra d'éviter la casse sociale et de relancer les investissements, de réconcilier l'intérêt des consommateurs et celui des salariés », a-t-elle annoncé.

Mardi matin, les dirigeants des quatre grands opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont été reçus par Mme Pellerin et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, pour une « mise à plat » de tous les sujets économiques et sociaux.

Le point de départ de cette réunion était l'annonce début juillet par SFR et Bouygues Télécom de plans de départs volontaires destinés à « sauvegarder leur compétitivité » face à l'arrivée en janvier sur le marché de la téléphonie mobile de Free et de ses tarifs très compétitifs.

« Si nous en sommes là aujourd'hui c'est parce que le secteur des télécoms a été soumis à empilement de taxes et à une réglementation fluctuante, pour ne pas dire erratique, au cours des dernières années », a dénoncé Fleur Pellerin.

« L'arrivée sur le marché du quatrième opérateur a été gérée par le précédent gouvernement sans aucune réflexion sur ses conséquences en matière d'emploi », a-t-elle accusé.

« En 2012, le chiffre d'affaires des opérateurs va baisser de 10%, et là encore c'est l'emploi qui va être la variable d'ajustement. Et bien non, nous ne l'acceptons pas », a ajouté Mme Pellerin. 

Le consommateur « beaucoup favorisé »

A la sortie de leur rendez-vous à Bercy qui devrait être suivi par d'autres dans les prochaines semaines, les responsables des deux plus grands opérateurs Orange et SFR ont salué une réunion « fructueuse » et « constructive ».

« Nous sommes prêts à faire des efforts des deux côtés, si on nous donne les moyens économiques », a souligné Stéphane Roussel, le PDG de SFR.

Les ministres ont notamment demandé aux opérateurs dans quelle mesure ils pouvaient rapatrier en France une partie de leurs centres d'appel (hotlines), délocalisés pour bon nombre au Maghreb pour des raisons de coûts, et qui emploient des milliers de personnes localement.

Mais ils ont également estimé que "beaucoup de choses avaient été faites pour le consommateur »dans le secteur des télécoms, selon Stéphane Roussel.

« Il faut qu'il y ait un rééquilibrage, le consommateur a été beaucoup favorisé », a renchéri à l'AFP un responsable sous couvert d'anonymat.

Les opérateurs demandent ainsi la révision de certains points de la loi Chatel, qui depuis 2008 prévoit la gratuité du temps d'attente avant la mise en relation téléphonique avec l'assistance technique des opérateurs, ou la possibilité pour un abonné engagé pour 24 mois de se désengager au bout d'un an et de partir en ne payant que 25% du montant encore dû.

Cette dernière clause pourrait être durcie au profit des opérateurs. Autre piste que ces derniers avancent, la mise en place des « hotlines premium », un service supplémentaire payant pour accéder plus rapidement à l'assistance technique.

« En aucun cas, la protection des consommateurs ne doit être l'ennemi de l'emploi », a dénoncé dans un communiqué l'ancien ministre chargé de la Consommation Luc Chatel, auteur de la loi visée, déplorant « le détricotage de la politique mise en place par la précédente majorité pour protéger les consommateurs ».