×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus

Taubira conseille aux députés UMP « de consulter »

+A -A
François Vignal
Le 16.10.2012 à 16:44

Publicsenat.fr VOD

Ambiance houleuse à l’Assemblée, où l’UMP a attaqué Jean-Marc Ayrault sur son autorité « remise en cause ». « Je ne suis pas premier ministre par hasard » répond le locataire de Matignon. La ministre de la Justice Christiane Taubira a dû aussi faire face à la bronca de la droite.

Sur le grill de l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault monte au créneau. L’opposition s’est montrée particulièrement pugnace ce mardi lors des questions d’actualité au gouvernement à l’Assemblée nationale.

« Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ? »

Première attaque avec le président du groupe UMP, Christian Jacob. « Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ? Votre autorité n’est-elle pas gravement remise en cause, monsieur le premier ministre ? » demande le député proche de Jean-François Copé (voir la vidéo). Et Christian Jacob de faire référence aux propos du président de groupe PS Bruno Le Roux favorable à la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe, au président de l’Assemblée Claude Bartolone qui met en cause l’objectif de réduction du déficit public à 3% en 2013, aux positions divergentes du ministre du Budget Jérôme Cahuzac sur la redevance télé ou les œuvres d’art dans l’ISF, et bien sûr les propos de Vincent Peillon sur le cannabis.

Jean-Marc Ayrault se lève sous les broncas de la droite. La gauche se lève à son tour. Standing ovation. Le symbole est clair : Ayrault a une majorité et elle le soutient. « Je connaissais la difficulté de la tâche, je savais que ce serai difficile. Mais vous n’avez pas de leçon à nous donner », lance le premier ministre. « Chacun sait que vous n’êtes pas dans l’opposition par hasard. Moi je ne suis pas premier ministre par hasard », assure Ayrault. Rire de Jean-François Copé qui semble en douter. Le premier ministre continue : « Vous avez été sanctionné par le peuple français », rappelle-t-il. Et de citer les « 60 milliards de dette » supplémentaires sous Nicolas Sarkozy et le niveau du chômage « qui est votre responsabilité ». Il défend un budget « courageux, juste qui prépare l’avenir de la France ». Son examen commence ce mardi. Le premier ministre confirme encore l’objectif des 3% : « Nous le tiendrons mais c’est plus difficile qu’avant » en raison de la dette, lance Ayrault dans une ambiance des grands jours.

Bertrand attaque « la gauche soixante-huitarde»

Pour mieux pilonner l’exécutif, l’UMP sort ses poids lourds. C’est au tour de l’ex-ministre du Travail et ancien secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand de s’adresser au locataire de Matignon. Il se concentre sur les propos de Vincent Peillon, favorable à l’ouverture d’un débat sur la dépénalisation du cannabis. « Ils sont catastrophiques. (…) Le message est clair : la faiblesse, le laxisme sont de retour à la tête de l’Etat et de votre gouvernement », tance le député de l’Aisne, qui ressort l’attaque, largement utilisée par Nicolas Sarkozy par le passé, de « la gauche soixante-huitarde». Selon Xavier Bertrand, « la France a besoin de la démission de M. Peillon ».

Si la question de Bertrand est adressée au premier ministre, c’est la garde des Sceaux Christiane Taubira qui s’y colle. Bronca sur les bancs de l’UMP (voir la vidéo, deuxième partie). La ministre de la Justice est régulièrement attaquée par l’opposition depuis son entrée en fonction. Taubira ne se démonte pas. Et provoque : « Parmi vous, certains ont des reflexes de Pavlov. Je ne peux que vous suggérer de consulter, encore que je ne sois pas sûr que cela se soigne »… Malgré ses rappels à l’ordre, Claude Bartolone ne peut tenir les députés de droite, qui hurlent. « La démonstration de l’inculture démocratique de l’opposition est manifeste », insiste Christiane Taubira.

« Pratiques sournoises, fourbes et hypocrites »

Pour la ministre de la Justice, la droite cherche « à faire un événement des propos du ministre de l’Education. (…) Cela ne fera pas diversion sur 60.000 postes que vous avez supprimés dans l’éducation ». Christiane Taubira rappelle que l’opposition était plus mesurée qu’aujourd’hui sur la question du cannabis : « En 2007, vous avez pris des dispositions pour dire qu’il faut des mesures alternative à l’emprisonnement, il y a eu une circulaire en 2008. (…) Vous avez donc des pratiques sournoises, fourbes et hypocrites ». Et de terminer : « La loi restera en l’état ». Soit pas de dépénalisation en vue. Les orateurs se succèdent et les questions de l’UMP continuent sur les mêmes thèmes. Pendant ce temps, Jean-Marc Ayrault a dû s’éclipser pour recevoir le ministre des Affaires étrangères du Japon. Il fallait peut-être mieux pour ses oreilles.