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Témoignage : ces producteurs de lait qui travaillent à perte

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Sonia Donadey
Le 03.02.2016 à 10:33

La production laitière est l’un des secteurs les plus touchés par la crise agricole. La chute des prix au litre de lait et la surproduction rendent la vie des producteurs difficile. Le prix de vente est inférieur au coût de production, ce qui fait que la filière produit à perte. Itinéraires bis a rencontré Guillaume Mirabel, 29 ans, éleveur aveyronnais de vaches laitières depuis cinq ans tout juste, et qui regrette déjà son choix de vie.

« C’est une des plus grosses crises qu’on ait jamais connu », confie l’agriculteur le visage fermé. Lui qui a repris il y a cinq ans l’exploitation familiale, aujourd’hui, il se pose « beaucoup de questions sur son futur ». Avec 75 heures de travail hebdomadaire et des factures lourdes à payer, le quotidien de l’agriculteur est compliqué.

Chaque matin, il voit partir la collecte de son lait la mort dans l’âme : « le vendre ou le jeter, reviendrait au même, je ne gagne pas d’argent avec ».

La pression de la grande distribution qui pousse les prix à la baisse et la fin des quotas laitiers européens, qui attise la concurrence entre les exploitation, la baisse de la demande au niveau européen il n’en fallait pas plus pour que le cocktail soit explosif. Les producteurs de lait ont été obligés d’investir pour augmenter leur production et donc de s’endetter, alors que les prix chutaient. Le marché est saturé et la surproduction entraîne la baisse vertigineuse des prix du marché, alors que la demande diminue. Un cercle vicieux qui fait aujourd’hui des dégâts : « Une fois que j’ai payé mes charges, je vends mon lait à perte, je travaille pour rien et ça m’énerve », se désole Guillaume Mirabel, qui connaît chaque mois un dilemme : gagner sa vie, ou payer ses factures.

Selon lui, la solution serait « une obligation de baisse de la production en Europe ». Dans son village, les éleveurs abandonnent leur exploitation les uns après les autres. A ce rythme-là, nul doute que le paysage agricole aveyronnais est en péril.