La tension entre Fillon et Copé, «c’est du niveau de loubards de banlieue»

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François Vignal et Michael Szames
Le 29.03.2011 à 18:45
fillon copé - AFP
© AFP
Après les cantonales, l’UMP se déchire entre Jean-François Copé et François Fillon. «Ce sont les conneries habituelles au lendemain de résultats médiocres», selon le sénateur UMP François Trucy. Si l’heure est «à l'apaisement», le spectre de la division fait craindre la défaite pour 2012.

Officiellement, tout va bien. L'heure est « à l'apaisement », assure Copé. « L’heure est à l'apaisement et au rassemblement », répète Frédéric Lefebvre. Et François Baroin, il dit quoi ? « L'heure est à l'apaisement ». Les éléments de langage ne cacheront pas la réalité. La tension est extrêmement forte à la tête de la majorité. « Ce sont les conneries habituelles au lendemain de résultats médiocres », explique plus crûment le sénateur UMP du Var François Trucy.

Le secrétaire général de l’UMP s’en est en pris frontalement lundi soir, en direct et en public, à François Fillon, lui reprochant de « ne pas jouer collectif » dans le débat sur la laïcité. Ce matin, la machine s’emballe encore, quand un député proche de Fillon, Etienne Pinte, demande la démission de Copé.

Engueulade 

A l’Elysée, Nicolas Sarkozy décide de réunir les deux hommes, en concurrence dans la majorité pour la présidentielle de…2017. Alors que le premier ministre recadre Copé, le maire de Meaux maintient ses propos… L’urgence est d’éteindre l’incendie. Consigne est donnée de jouer l’apaisement. Miracle, Etienne Pinte n’appelle plus à la démission de Copé. A la réunion de groupe à l’Assemblée, les deux hommes appellent de concert « à l'unité », sous les applaudissements.

Derrière cette réconciliation commandée, les langues se délient. « C’est du niveau de loubards de banlieue. C’est règlement de compte à Ok corral », se désespère une sénatrice UMP avant la réunion de groupe au Sénat, qui a été houleuse. « Oui, il y a eu une engueulade », reconnaît le secrétaire d’Etat Benoît Apparu, dans les couloirs de l’Assemblée.

« Tout royaume divisé contre lui-même périra »

Si l’UMP n’en est pas (encore) à l’apocalypse, le sénateur Bernard Saugey cite l’évangile : « Tout royaume divisé contre lui-même périra. Ça veut dire que si on se divise, on est déjà mort. Il faut arrêter les petites phrases ». François Trucy espère un retour au calme : « La politique c’est centrifuge un jour, centripète un autre. Là il faut que le centripète revienne, c'est-à-dire que tout le monde se rassemble, en passant sur les états d’âme personnels ».

Sur Twitter, Laurent Wauquiez, qui appelle « Copé à garder son sang froid », en perd son latin de ministre : « Appeler à l'unité et dans le même temps tacler le PM, même pour moi la politique ça devient compliqué... »

Le même Laurent Wauquiez critique pourtant la gestion de Jean-François Copé à la tête du parti dans une tribune au Monde cosignée par une cinquantaine de parlementaires de son club, la Droite sociale.

« La politique des pieds dans le plat, c’est toujours très bien »

A l’Assemblée, ça part dans tous les sens. Pour l’ex-ministre Christian Estrosi, « Copé s’honorerait de s’excuser devant le premier ministre ». Pour Yves Jégo, également ancien du gouvernement qui a gardé une dent contre le premier ministre depuis la crise aux Antilles, « Copé a bien fait de le faire. La politique des pieds dans le plat, c’est toujours très bien. Fillon en sort abaissé ».

Au Sénat, la situation inspire à Jean-Pierre Raffarin une expression dont il a le secret : « La diversité doit s’arrêter quand commence la division ». Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP de la Haute assemblée, demande un recadrage et que les ministres « bossent »… A peine remis de la défaite des cantonales et des atermoiements de la semaine dernière sur la question du front républicain, les élus de la majorité sentent le danger. Ils veulent un retour au calme et demandent au gouvernement, comme Fabienne Keller, d’entendre « le message » envoyé par les électeurs. « Continuez de débattre entre vous, mais pas par médias interposés », conseille Jean-Paul Alduy, sénateur UMP tendance Borloo. « Il y a toujours des tensions dans un parti qui perd une élection », rappelle Hugues Portelli, « mais les querelles d’ego, c’est une stratégie de perdant ». Le sénateur Jean-René Lecerf ne préfère pas s’exprimer : « Tout ça est très loin des préoccupations des Français ».

 
archimede3
le débat sur la laicité ne parait pas surgir d'une pensée mais consister en une sorte de prise de parole irréfléchie sur la société qu'on ne peut meme pas qualifier de pragmatique.C'est une tentative a l'emporte pièce crispée et mal ficelée poiur attirer un electorat hypothétique .il semble que les petits comptables libéraux;les commerciaux méprisants soient lachés par leur mentor;un petit avocat d'affaire ....
Hugolain DHEIRAT
ça serait pas plutôt la cour de récréation ?

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