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Thomas Porcher : « Une position mainstream est une position plutôt méfiante envers le TAFTA »

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Le 22.09.2016 à 17:54

Invité de Sénat 360, l’économiste Thomas Porcher, auteur de « TAFTA, les accords du plus fort » , estime que les futures élections aux Etats-Unis puis en France risquent de ralentir un peu plus les négociations autour du traité transatlantique.

Ce traité de libre-échange, négocié entre les Etats-Unis et l’Union européenne depuis 2013, ne devrait pour le moment pas être conclu avant 2017. Les candidats à l'élection américaine de novembre prochain puis aux élections présidentielles en France partagent une réticence face à ce traité.

« Avant ce calendrier électoral, François Hollande et Barack Obama voulaient qu’on accélère les négociations pour qu’on ratifie ce traité. Aujourd’hui ce n’est plus le cas parce qu’aux Etats-Unis, Donald Trump est largement opposé au Tafta et Hillary Clinton aujourd’hui est obligé d’avoir une position mitigée parce que sinon elle prend un risque très fort ».

« Les élections de 2017 montrent qu’un certain nombre de candidats des Républicains sont opposés au traité », continue Thomas porcher, citant notamment Nicolas Sarkozy et François Fillon. De son côté, François Hollande a déclaré en mai dernier être défavorable au traité en vue de l’avancée des négociations. Matthias Fekl, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, avait annoncé en août dernier que la France demandait l’arrêt des négociations.

 « On se rend bien compte qu’une position plutôt mainstream est une position plutôt méfiante envers ce traité » estime Thomas Porcher.

Un traité déséquilibré

Le traité transatlantique est actuellement décrié par une partie de la société civile. Une pétition contre ce traité envoyée à la Commission européenne a rassemblé 4 millions de signatures, et plus de 9.000 personnes ont manifesté  à Bruxelles ce mardi.

L’économiste souligne également le risque de domination des Etats-Unis sur l’Union européenne dans les négociations, notamment en ce qui concerne la négociation des normes.

« A juste titre, quand on regarde les multinationales les plus puissantes au monde, il y en a 8 américaines et 0 européenne. Comment peut-on penser que les entreprises vont lâcher leurs normes et prendre les normes européennes juste pour les beaux yeux de l’Europe ? Il ne faut pas être naïf ».

De son côté, le député européen Les Républicains Philippe Juvin, favorable au maintien des négociations avec les Américains, critique le « double-langage » de François Hollande sur le traité, et de l’utiliser à des fins purement électoralistes. « Il y a une très grande hypocrisie du Président dans cette affaire, car François Hollande dit qu’il est contre devant le parti socialiste, mais quand il est face aux européens, soit il ne dit rien, soit il continue la négociation. Déjà il y a un double langage et nous trouvons cela ahurissant. On utilise l’Europe et les débats internationaux complexes (…) à des fins purement électoralistes alors que c’est la crédibilité de laFrance qui est en jeu ».

Les ministres européens du Commerce se réuniront demain à Bratislava pour évoquer notamment le traité. A cette occasion, la France demandera officiellement l’arrêt des négociations.