Réunion publique très réussie a joué les tours ce soir avec Mehaignerie.Qui a parlé de "vague rose"?
Très courtisé, Montebourg attend les propositions d’Hollande et Aubry
Indécis. Le second tour s’annonce indécis. Tout semble ouvert. Difficile de prévoir le vote et les reports de voix pour dimanche prochain. Au centre des attentions : Arnaud Montebourg. Avec 17%, le troisième homme place sa « démondialisation » au centre des enjeux.
Ce lundi, chacun se découvre très proche du député de Saône-et-Loire. « Le discours doit forcément prendre en compte, les résultats du premier tour. Mais je dois rester sur ma cohérence », a affirmé François Hollande sur RTL, qui « entend » la « volonté de protection par rapport à la mondialisation ».
Hollande et Montebourg «n’emploient pas les mêmes mots, mais ont la même analyse»
Dans un entretien à publicsenat.fr, François Rebsamen affirme que « dans les idées d’Arnaud Montebourg, il y a sûrement des choses qui se retrouvent dans nos propositions », affirme ce soutien de François Hollande. « Il peut y avoir des inclinaisons » envers Montebourg, ajoute le président du groupe PS du Sénat. « On n’emploie pas les mêmes mots, mais on a la même analyse ». Exemple : « Arnaud Montebourg parle de contrôle des produits qui entrent dans l’Union européenne. Il ne faut pas jeter ça d’un revers de main ».
Chez Martine Aubry, même topo : « Il y a moyen de trouver des convergences », explique Olivier Dussopt, porte-parole de campagne de la maire de Lille. Lors d’un pointe presse lundi après-midi à Solférino, Anne Hidalgo, l’autre porte-parole, rappelle que « Martine Aubry avait réussit le rassemblement de ceux qui avaient voté oui et non au référendum sur le Traité constitutionnel européen, avec une proposition qui nous unit sur le fond : le juste échange ». Au sujet du protectionnisme européen, cher à Arnaud Montebourg, elle ajoute : « Il n’est pas admissible que nous soyons le seul espace qui ne protège en rien son économie, sa production, surtout quand il s’agit de concurrence déloyale. C’est une position que Martine Aubry porte ».
Regardez Anne Hidalgo, porte-parole d’Aubry :
Ségolène Royal, avec ses 7 % n’est pas oubliée. « Ségolène Royal, comme Arnaud Montebourg, ont apporté aussi la question de la rénovation de la vie politique. Là aussi Martine Aubry a pris des risques ». Ce sont des sœurs (quasi) jumelles, à écouter Anne Hidalgo. Olivier Dussopt a même été ému devant les larmes de Royal dimanche soir : « Sa tristesse montre combien elle est une femme respectable et profondément engagé ». On est loin des propos de lendemain de vote du congrès de Reims, où les deux camps se déchiraient…
Bertinotti à Hollande: « Les mots ne suffiront pas »
Ségolène Royal se retrouve aussi courtisé par les soutiens de François Hollande. En l’occurrence François Rebsamen, son ancien co-directeur de campagne : « Ségolène Royal était un peu en avance des fois, dès 2007. L’idée des primaires, on peut dire ce qu’on veut, mais Ségolène Royal voulait qu’on les organise. (…) Sur la maîtrise des flux financiers, elle avait raison », souligne-t-il. Précision : « C’est tout sauf de la récupération ».
Les larmes essuyées, la politique reprend vite le dessus dans le camp Royal. L’ex-candidate de 2007 a-t-elle reçu les appels de ses camarades Hollande et Aubry ? « Les responsables socialistes se parlent. Ce n’est pas surprenant », affirme à publicsenat.fr sa porte-parole Dominique Bertinotti, député-maire du IVe arrondissement. Arnaud Montebourg a lui déjeuné avec la présidente de Poitou-Charentes.
« C’est bien de saluer les idées de Ségolène Royal. Mais j’attends de voir sur les licenciements boursiers, la réforme bancaire. Les mots ne suffiront pas, il faudra aussi des actes », prévient Bertinotti, interrogé sur les propos d’Hollande qui a salué dimanche soir les « idées » de Royal. Selon sa porte-parole, « il n’y a pas de vraie vague Hollande. Les deux candidats sont dans une épure assez serrée »...
« Arnaud prendra le moment venu sa décision »
Mais le faiseur de roi, c’est Arnaud Montebourg et ses électeurs. Il doit s’exprimer ce soir lors du 20 heures de France 2. Selon son entourage, il ne donnera pas de consignes de vote. Pas ce soir. Il attend pour l’heure les propositions des deux finalistes. Il leur a adressé une lettre ouverte.
« Nous allons analyser dans les deux jours qui viennent la façon dont les candidats vont réagir », explique son porte-parole Géraud Guibert. Il souligne que les électeurs de Montebourg ont voulu donner « un message sur le fond » sur « la mondialisation, le protectionnisme européen, la mise sous tutelle des banques, le capitalisme coopératif ».
Regardez le porte-parole d’Arnaud Montebourg :
« On est dans un système politique où les consignes de vote n’existent pas. Les électeurs sont libres et font ce qu’ils veulent », insiste Géraud Guibert. « Par contre on est dans système politique où en effet le rôle des responsables politiques est de dire ce qu’ils pensent et de dire pour qui ils vont voter. Sur ces bases-là, Arnaud prendra le moment venu sa décision ».
Dans un entretien à Libération, Arnaud Montebourg affirme qu’il va demander aux deux candidats de se positionner sur « quatre questions » qui lui paraissent « incontournables ». « Nous allons les interroger sur le contrôle financier, le protectionnisme industriel, la VIe République et la lutte contre la corruption ».
Faire monter les enchères
A charge maintenant pour Hollande et Aubry à faire monter les enchères. Ou pas. Pour François Hollande, après s’être montré en candidat réaliste, soucieux de la dette, il sera difficile d’aller trop loin sur sa gauche sans se dédire. Si sur le fond, les convergences sont grandes entre Martine Aubry et le député de Corrèze, la maire de Lille a tenu une ligne, dans ses paroles, un peu plus à gauche. De quoi lui laisser une marge de manœuvre un peu plus grande pour convaincre Montebourg. Mais reste les inimitiés personnelles... Dans ce domaine, il n’y a pas d’exclusives.

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