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Transparency International : « En France, le lobbying a longtemps été ignoré »

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Tristan Quinault Maupoil
Le 21.10.2014 à 12:28
Transparency International : « En France, le lobbying  a longtemps été ignoré »
L'hémicycle du Sénat.
© AFP

Transparency International présente un rapport sur l’état du lobbying en France. La France est notée 2.7/10. L'Assemblée nationale semble plus en pointe que le Sénat selon Myriam Savy, responsable de l'association, qui décrypte le rapport présenté par son organisation. Entretien.

Il y a-t-il des différences importantes entre le Sénat et l’Assemblée nationale dans sa gestion des lobbyistes ?
Il y a de très grandes différences. En 2009, l’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté chacun un dispositif avec des règles qui étaient très similaires. Mais le Sénat a ensuite stoppé sa réflexion en 2010. Depuis il ne s’est plus rien passé. Alors qu’à l’Assemblée nationale, le dispositif a sensiblement évolué, notamment sous l’impulsion de Christophe Sirugue (député PS). De nouvelles règles ont été adoptées il y a tout juste un an. Un nouveau registre a été crée et demande aux représentants d’intérêts, qui font l’effort de s’enregistrer (l’inscription est volontaire), des informations plus précises qu’elles ne l’étaient auparavant. Quand il s’enregistre, un représentant d’intérêt renseigne les mêmes informations qu’au niveau européen.

Quand on parle du lobbying, c’est souvent en citant des exemples à l’échelon européen. L’emprise des lobbyistes est-elle aussi importante en France ?
Au niveau de Bruxelles il y a une plus grande acceptation de l’existence du lobbying. Ce qu’on a cherché à montrer dans ce rapport c’est qu’en France, le sujet a longtemps été ignoré alors qu’il y avait du lobbying. Tous les groupes d’intérêts cherchent à influencer la prise de décision publique.

Souvent les lobbyistes présentent aux parlementaires des amendements pré-rédigés, prêts à être déposés. Faut-il que les parlementaires aient plus de collaborateurs pour travailler indépendamment d’influences extérieures ?
C’est quand même bon en démocratie que ceux qui prennent des décisions fassent appel à des expertises extérieures. Il ne faudrait pas qu’ils prennent ces décisions dans leur coin sans n’avoir consulté personne et ensuite adopter des lois qui sont impossible à mettre en œuvre. Pour nous, le lobbying ça peut être utile pour prendre en compte la réalité du terrain. Ce que nous disons c’est que les relations ne sont pas toujours claires et nous demandons des comptes aux décideurs, sur qui ils rencontrent et comment ils fondent leur décision. Pour nous c’est fondamental d’avoir une traçabilité.

Dans votre rapport vous parlez des « programmes d’hospitalité », ces invitations et ces cadeaux offerts aux parlementaires. Sait-on combien de personnes sont concernées ?
C’est très difficile de répondre. On n’a pas de chiffre précis. On a repris une étude du comité national contre le tabagisme qui avait fait ce travail de recherche. Il y aura des cadeaux, des invitations tant que ceux à qui ils sont adressés les acceptent. Le jour où les parlementaires refuseront les cadeaux et les invitations dans les grands restaurants, à ce moment là les lobbyistes qui ont ces pratiques arrêteront de proposer ces programmes ».