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Tunisie : la France a été « en retard », regrette l’UMP Dominique Paillé

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Public Sénat
Le 18.01.2011 à 12:12
Pointé du doigt pour sa retenue dans le dossier tunisien, le gouvernement français continue d'essuyer les critiques à gauche mais aussi à droite. Invité du 22h de Public Sénat, l’ex porte-parole de l’UMP Dominique Paillé s’est montré critique sur l’attitude du gouvernement et de la majorité dans son soutien au régime de Ben Ali jusque dans les dernières minutes.

Alors que certains à gauche demande la démission de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, ou à tout le moins des excuses, c’est l’ensemble du gouvernement qui est aujourd’hui sous le feu des critiques pour sa retenue face aux évènements tunisiens et la violente répression des manifestants. Un mécontentement qui gagne certains à droite alors qu’un léger début d’autocritique a commencé lundi, notamment de la part du ministre de la Défense Alain Juppé qui a estimé lundi que la France avait sous-estimé le sentiment de révolte des Tunisiens.

« Je crois que nous avons été, quand je dis nous c’est le gouvernement français et la majorité, un peu en retard », a pour sa part jugé Dominique Paillé, ex porte-parole de l’UMP. « J’étais mardi dernier le premier et je crois le seul de la majorité à demander au président de la République de faire des gestes à destination du peuple tunisien et de dire des mots forts à destination des dirigeants », a-t-il rappelé, précisant que « chacun de ceux qui connaissaient la Tunisie avant ces évènements savaient que cette révolution pacifique était en train de s’ouvrir ».

A l’heure où la France demande l’organisation d’élections libres en Tunisie, Dominique Paillé a appelé ses collègues à la modestie. « Soyons modestes, nous ne sommes pas les artisans de ce qui se passe. Nous avons presque été dans l’esprit d’un grand nombre de Tunisiens et de Tunisiennes les contre-artisans de ce qu’ils viennent de faire », a-t-il estimé.

Plus généralement, Dominique Paillé a rappelé que « depuis 23 ans, il y a une dictature » en Tunisie. « Nous avons soutenu ou en tout cas fermé les yeux sur un grand nombre d’exactions de cette dictature pour des motifs d’intérêt supérieur, c’est-à-dire la lutte contre l’islamisation », a-t-il ajouté.

Mardi matin, a par ailleurs commencé l’audition de Michèle Alliot-Marie par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale pour faire le point sur la situation en Tunisie. Il y a une semaine, la ministre avait publiquement proposé au régime tunisien le « savoir-faire » français pour le maintien de l’ordre et la gestion des manifestants.