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Tunisie : pour le sénateur Jean-Pierre Sueur, « le silence de la France n’est pas compréhensible »

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Laurent Berbon
Le 11.01.2011 à 18:18
Tunisie : pour le sénateur Jean-Pierre Sueur, « le silence de la France n’est pas compréhensible »
© Public Sénat

Alors que la situation en Tunisie reste préoccupante, beaucoup s’étonnent de la retenue dont fait preuve la grande majorité de la classe politique française. Jean-Pierre Sueur (PS), président du groupe d'amitié France-Tunisie du Sénat exhorte la France à sortir du silence.

Il y a un certain silence de la classe politique française, y compris à gauche, sur ce qui se passe en Tunisie. Pourquoi avoir décidé de rompre ce silence ?
En tant que président du groupe d'amitié France Tunisie du Sénat, je ne partage pas ce silence. Quand on éprouve de l’amitié pour un peuple, on doit aussi dire la vérité.  En l’espèce, ce silence n’est pas justifié et n’est pas compréhensible. Je soutiens ceux qui souhaitent plus de liberté, plus de démocratie et de droits fondamentaux comme le droit de manifester et le droit de s’exprimer. Le gouvernement tunisien et les plus hautes autorités, y compris le Président Ben Ali ont dit qu’ils comprenaient ce mouvement social. Mais c’est antinomique avec la répression violente qui existe aujourd’hui et dont les conséquences sont tragiques.

Comment expliquez-vous cette retenue de la classe politique ?
Les relations entre la France et la Tunisie sont anciennes. La Tunisie a connu un développement économique fort. Elle est apparue comme un pays qui a beaucoup investi dans le droit des femmes et dans l’éducation. Il y a des écoles partout. La Tunisie est un des pays d’Afrique où il y a le plus d’universités. Mais ce n’est pas parce qu’il y a des éléments positifs qu’il ne faut rien dire quand des manifestants reçoivent des balles réelles.

La réalité en Tunisie, c’est la situation des étudiants chômeurs, c’est aussi la grande disparité entre les régions. Parallèlement, il y a un certain nombre de libertés mises en causes, avec des atteintes aux droits des avocats et des journalistes à accomplir leurs missions et des répressions violentes par rapport aux manifestants.

L’autre raison qui pourrait expliquer cette retenue est que la Tunisie apparaît comme un rempart contre l’islamisme et l’intégrisme. Mais il ne faut pas pour autant payer la lutte contre l’intégrisme du prix que serait la restriction en matière de liberté et de démocratie.  Je récuse l’idée que qu’au motif que le régime serait un rempart à l’intégrisme, il faudrait s’abstenir de toute critique. Il y a déjà eu des réactions aux évènements récents de la part d’un certain nombre d’Etats européens et de Madame Ashton au nom de l’Union européenne.

Refusez-vous comme Frédéric Mitterrand ou Bruno le Maire de qualifier le régime tunisien de dictature ?
Je ne rentre pas dans ces qualificatifs. Je dis qu’il y a des atteintes au droit de manifester, au droit de s’exprimer qui ne sont pas acceptables. La France ne peut rester silencieuse. La France doit parler avec clarté et ne peut accepter qu’on tire à balle réelle sur des manifestants que par ailleurs on dit comprendre. Le plus important est que les autorités françaises et européennes s’expriment et pèsent de tout leur poids pour que ces actes tragiques conséquences tragiques s’interrompent.

 
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