Réunion publique très réussie a joué les tours ce soir avec Mehaignerie.Qui a parlé de "vague rose"?
Turcs et Arméniens manifestent devant le Sénat
« C’est l’information du jour aujourd’hui en Turquie. Toutes les chaines de télé mettent en avant la séance au Sénat » explique Ahmet, journaliste pour une agence de presse turque. « Je suis venu ce week-end d’Istanbul pour couvrir l’évènement, c’est vous dire à quel point ce qui se passe aujourd’hui au Sénat intéresse le pays » déclare une journaliste turque. Tous les deux veulent « montrer ce qui se passe en France » tout en gardant une « objectivité », même si « tout le monde a forcément un avis sur la question » reconnait Ahmet.
La question du « génocide arménien était encore tabou il y a cinq ans, mais depuis il y a un travail qui s’opère dans la société. Les gens parlent de ce sujet. Les historiens aussi» pense la journaliste turque.
Chez les franco-turcs on est venu manifester drapeaux français et turcs mêlés dans la même main. « Nous sommes aussi des citoyens et on vote. Nous tireront les conséquences de ce qui se passera aujourd’hui au moment d’aller voter » déclare un manifestant d’origine turque qui porte une reproduction de carte électorale en format A3 avec inscrit « je vote ». La plupart s’entendent pour dire que cette loi est de nature « électoraliste » et qu’il « faut laisser les historiens faire leur travail ».
Dans un camp comme dans l’autre, les déclarations sont passionnées et les rancunes exacerbées. On bégaye sous le coup de l’émotion, on cri. « Je n’ai pas d’amis turcs. Dire qu’on est arménien ça passe pas » reconnait une jeune fille d’origine arménienne. Contrairement aux turcs, les drapeaux français prédominent aux côtés de quelques drapeaux arméniens. « Nous sommes ici en tant que français. J’ai pas besoin d’afficher le drapeau arménien, tout le monde sait que je le suis » explique Adrien. « Le négationnisme est un crime, pour le punir je veux une loi » affiche t-on sur une pancarte.
Pendant que dehors les manifestations s’organisent, des délégations turques et arméniennes prennent place au Sénat. Chacun dans son coin, on s’évite presque. « Cette loi est anti constitutionnelle, normalement la séance devrait durer seulement cinq minutes si on respecte la loi » déclare un membre de la délégation turque. Dans la délégation arménienne on est plutôt « très optimiste sur son vote ». « C’est un grand jour pour moi car ma famille a été frappée par ce génocide » s’émeut une femme qui a fait le déplacement depuis Grenoble.
Alors même si on s’observe en chien de faïence, la volonté de dialogue et d’échange existe mais il est toutefois difficile. Les deux camps s’opposent sur les bases de ce dialogue. « On doit protéger les citoyens d’origine arménienne en refusant que quelqu’un puisse remettre en cause leur histoire » dit-on du côté des arméniens. « On n’a pas le droit de limiter la liberté d’expression » répond-on du côté turc.

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