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UMP : NKM et Le Maire hors course, duel Copé-Fillon

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Le 18.09.2012 à 10:44
UMP : NKM et Le Maire hors course, duel Copé-Fillon
© AFP

Sauf coup de théâtre, la bataille pour la présidence de l'UMP va se résumer à un duel, féroce, entre François Fillon et Jean-François Copé, les autres prétendants s'étant heurtés au lourd obstacle des parrainages d'adhérents requis pour concourir à l'élection du 18 novembre.

Les postulants ont encore jusqu'au coup de sifflet final, ce mardi à 20H00, pour déposer leurs 7.924 précieux sésames. Mais, après le forfait de Xavier Bertrand qui, tout en assurant avoir rempli les conditions, a préféré passer son tour et se réserver pour la présidentielle de 2017, seuls l'ancien Premier ministre et l'actuel secrétaire général du parti sont assurés de franchir, haut la main, cette barre fatidique. Jean-François Copé a confirmé mardi matin avoir plus de 30.000 signatures.

Seule femme en course, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui rêvait d'incarner une "troisième voie", a reconnu dans la matinée qu'elle n'était pas qualifiée, ayant obtenu un peu moins de 7.000 parrainages.

Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a admis un peu plus tard qu'il n'avait pas non plus les parrainages requis, sans pour autant jeter complètement l'éponge.

Attendu à la mi-journée au siège de l'UMP où il déposera symboliquement ses signatures, Bruno Le Maire annoncera également qu'il est hors course.

Selon leurs entourages respectifs, aucun ne devrait - pas plus que M. Bertrand - se précipiter pour soutenir l'un ou l'autre des duellistes.

C'est donc bien le scénario tant redouté par des ténors comme Alain Juppé et Bernard Accoyer, craignant un choc Copé-Fillon aussi rude que la guerre Chirac-Balladur, qui se met en place.

Alors que piques et autres noms d'oiseaux sont déjà copieusement échangés entre chaque camp, les rivaux vont, pendant deux longs mois, se rendre coup pour coup pour tenter de succéder à Nicolas Sarkozy à la tête de la droite et devenir le chef de l'opposition à François Hollande.

Si tous deux ont bien 2017 en ligne de mire -et le vainqueur de novembre marquera incontestablement des points précieux pour le match d'après- leurs tactiques diffèrent. Grand favori des sondages auprès des sympathisants UMP -seuls les militants encartés, soit un corps électoral d'à peine 260.000 à 280.000 personnes, éliront leur chef- François Fillon, 58 ans, député de Paris, mise sur sa stature d'homme d'Etat acquise après cinq ans passés à Matignon pour s'imposer et voit dans le congrès de l'UMP "une primaire avant l'heure" pour 2017.

Face à lui, Jean-François Copé, 48 ans, député-maire de Meaux, déconnecte les deux scrutins, colle au maximum à Nicolas Sarkozy, toujours aussi populaire à droite, tout en faisant une campagne à la Chirac: jouer la carte du terrain en se posant en "candidat des militants" là où son rival serait celui des "barons" comme naguère Edouard Balladur.

Les deux camps se livrent une véritable guerre psychologique: les fillonistes égrènent chaque jour les ralliements de pointures UMP tandis que les copéistes agitent l'arme des parrainages. Convaincu que l'afflux de parrains peut marquer un tournant dans la campagne, M. Copé veut frapper un grand coup en affichant, huissier à l'appui, ses 30.000 paraphes de militants là où M. Fillon n'en aurait que la moitié. "On ne fait pas le concours du plus gros tas !", raille Laurent Wauquiez (pro-Fillon).

Face à la gauche, les deux hommes risquent aussi de faire de la surenchère comme sur la manifestation anti-américaine à Paris ou le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales.

Reste l'inconnue Sarkozy, fantôme de cette compétition. Dans un sondage LH2-Le Nouvel Observateur publié mardi, l'ex-président est considéré à droite comme le plus apte (40%) à faire gagner son camp en 2017, devant M. Fillon (32%) et M. Copé (18%). S'il revenait dans le jeu, "personne ne pourrait se mettre sur sa route", prévient M. Guaino.