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Un déficit public à 3% d’ici 2013 ? Un objectif « idiot » pour Martine Billard

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Florian Bourdier
Le 02.07.2012 à 19:26
Un déficit public à 3% d’ici 2013 ? Un objectif « idiot » pour Martine Billard
© Bertrand Langlois
Diminution des effectifs de la fonction publique, gel des salaires, chasse aux niches fiscales et augmentation des impôts : quelques pistes de la Cour des comptes pour redresser les finances de l’Etat. Un régime sec pour combler le déficit. Le bilan est lourd et les remèdes amers : tous ne digèrent pas la pilule.

C’est le cas de Martine Billard, co-présidente du Parti de gauche. Selon elle, ce rapport n’est rien d’autre « qu’un véritable appel à l’austérité (…) c’est une saignée ». Elle demande au gouvernement « de ne pas suivre [ces] recommandations ». Qualifiant « d’idiot » l’objectif d’arriver à un déficit public de 3 % du PIB d’ici 2013 elle considère que « les mesures annoncées signifient récession, [et donc] plus de pauvreté ».

Les fonctionnaires en première ligne

Le rapport livré par la Cour des comptes prend pour cible prioritaire la fonction publique. Didier Migaud, le premier président, expliquait ce matin que pour conserver une marge de manœuvre en termes de politique salariale, l’Etat devait diminuer le nombre de fonctionnaires.

« Nous ne sommes pas favorables à l’affaiblissement du service public » répond Denis Baupin, vice président (EELV) de l’Assemblée nationale. Le député écologiste appelle ainsi à « sortir des logiques traditionnelles où la seule variable d’ajustement serait le nombre de fonctionnaires, alors » estime-t-il, « qu’il y a pleins d’autres ajustements possibles ».

Denis Baupin évoque un certain nombre d’autres pistes : « une fiscalité plus progressive mais aussi la suppression d’un certain nombre de politiques inadaptées, de soutien aux énergies fossiles, de soutient au diesel… ». Il fustige également les sommes importantes allouées à la construction du réacteur de recherche nucléaire ITER. « Un projet qui n’est plus adapté » explique-t-il « sur lequel on peut faire de grosses économies ».

Dépenser moins, gagner plus, mais à quel prix ?

D’une certaine manière l’élu d’Europe Ecologie rejoint donc une partie des conclusions de la Cour des comptes. L’efficacité et la pertinence sont en effet des maîtres-mots de l’audit des sages. Ils appellent à une plus grande vigilance de la part de l’Etat pour éviter les investissements non rentables et mettre fin aux niches fiscales inutiles. Mais ils préconisent également une hausse des recettes, via une augmentation des impôts, TVA et CSG en première ligne.

« Une hausse de la TVA et une hausse de la CSG, c’est une hausse qui porte sur l’ensemble des citoyens y compris ceux qui déjà n’arrivent pas à finir les mois » déplore Martine Billard, rappelant que les plus démunis « consomment dès qu’ils ont quelques euros supplémentaires ». Pour elle, une telle hausse ajoutée à une « baisse des dépenses (…) ça veut dire moins de recettes pour l’Etat, et donc un cercle vicieux enclenché » explique-t-elle, n’hésitant pas à comparer cette situation à la Grèce.

Plus mesuré, Denis Baupin suggère un nouveau calcul de la TVA sur des critères « sociaux et environnementaux » en lieu et place d’une augmentation générale : « il faut qu’elle prenne en compte à la fois les aspects sociaux et les aspects environnementaux », avec par exemple l’instauration d’un bonus malus à la mesure de la pollution générée par tel ou tel produit.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui prononcera mardi son discours de politique générale a semble-t-il fort à faire. Entre promesses de campagne à tenir et les impératifs économiques, il faudra trancher. Où, comment et avec quelle force ? Autant de questions qui ne resteront pas éternellement en suspend.