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Un droit d’inventaire à l’UMP ? «Pas besoin» répond Gaudin

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Thomas Leroy
Le 26.06.2012 à 17:38
Un droit d’inventaire à l’UMP ? «Pas besoin» répond Gaudin
© AFP
Alors que l’UMP se penche actuellement sur les valeurs que doit porter le parti, la sortie de Roselyne Bachelot n’en finit plus d’énerver à droite. Le droit d’inventaire, réclamé par l’ancienne ministre, cristallise les tensions. Un terme « péjoratif », « accusateur » pour les sénateurs.

« Pas de devoir d’inventaire, surtout pour les ministres qui ont profité de cette situation longtemps, » tranche le président du groupe UMP au Sénat Jean-Claude Gaudin. Autoritaire, la consigne résume l’agacement du parti sur la nouvelle polémique lancée par l’ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui fait la promotion de son dernier livre, très critique envers Nicolas Sarkozy. Un devoir d’inventaire, c’est ce qu’elle propose après les défaites successives de la droite à l’élection présidentielle, puis aux législatives. Dès lors, elle compte ses soutiens sur les doigts d’une main : seuls Jean-Pierre Raffarin et Nathalie Kosciusko-Morizet ont réclamé ce fameux droit d’inventaire.

Une critique mal venue à droite. Bruno Le Maire, Bernard Accoyer, Marc-Philippe Daubresse, Brice Hortefeux… difficile de trouver une voix dissonante dans ce concert de reproches contre Roselyne Bachelot. La critique la plus acerbe vient probablement de la députée UMP Valérie Rosso-Debord qui accuse l’ancienne ministre de « se faire de l’argent sur le dos de Nicolas Sarkozy (…) en critiquant l’homme plutôt que le bilan. » Henri de Raincourt, ancien ministre de la coopération de Nicolas Sarkozy admet que le gouvernement Fillon « n’a pas tout réussi. Mais si on est mal à l’aise au gouvernement au moment où les décisions sont prises, on n’est pas obligé d’y rester. »

Même Chantal Jouanno, pourtant cible privilégiée de la droite dure à l’UMP, s’oppose à la proposition. «  Je n’aime pas trop  le terme ‘’droit d’inventaire’’ », affirme t-elle. « Qui sommes-nous pour faire un droit d’inventaire. Savoir ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, c’est une vraie question qu’il faut se poser mais pas dans un esprit où l’on attribue les bons et les mauvais points.  Oui pour une analyse complète de ce qui s’est passé mais prudence sur le terme de ‘’droit d’inventaire’’. »

Car finalement, c’est peut-être l’expression qui passe mal.  « Son côté péjoratif » souligne Henri de Raincourt, son aspect « accusateur » note Jean-Pierre Carle, un des vice-présidents UMP du Sénat. Le terme n’est pas anodin, surtout en politique. Il renvoie à une expression qui avait déjà créé des remous, mais cette fois au parti socialiste. En 1995, Lionel Jospin est candidat à la présidence. « Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’inventaire ?» clamait-il en meeting pour mieux écarter le bilan des 14 années de mitterrandisme. Une rupture que la droite refuse de faire avec Nicolas Sarkozy, désormais en retrait. « Surtout ne parlons pas de toutes ces choses là. Nous n’en avons pas besoin » martèle Jean-Claude Gaudin. Alors que des voix se font entendre pour critiquer la droitisation du parti, les cadres veulent remettre de l’ordre. Chantal Jouanno s’en est rendue compte. Sa liberté de parole,  on lui a « vivement reproché. J’étais très seule. »  Une réflexion que partage peut-être Roselyne Bachelot désormais.