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Une centaine de Molenbeek en France ? : « Quand on tient de tels propos on peut démissionner »

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Simon Barbarit
Le 29.03.2016 à 18:23

Il y a t-il « une centaine » de Molenbeek en France ? Les déclarations du ministre de la Ville Patrick Kanner ont jeté un pavé dans la marre. Au Sénat si certains l’accusent de céder à « la stigmatisation » de certains quartiers, chez les Républicains on salue au moins « un discours de vérité ».

La sénatrice et maire PS des 15 et 16ème arrondissements de Marseille, Samia Ghali a  peu goûté les propos du ministre de la Ville. « Quand on est dans cet état d’esprit et qu’on tient ce type de discours, la suite logique serait de démissionner. C’est grave de dire ça ». Elle y voit un « bilan d’échec » fait par l’un des responsables de cette situation. « Ceux qui parlent de communautarisme sont les mêmes qui l’ont créé. Les gens de même origine ne vivent pas dans le même quartier par plaisir mais parce qu’ils n’ont pas le choix ». Et en matière de politique de la Ville, Samia Ghali prend l’exemple de la rénovation urbaine de la Castellane dans les quartiers nord de Marseille. « L’Etat n’implique pas les habitants du quartier dans le chantier de rénovation ». Ce qui lui a valu de claquer la porte de la dernière réunion publique dénonçant « un déni de démocratie ». Le vice-président socialiste de la commission des lois, Jean-Pierre Sueur alerte aussi sur de possible amalgames. « Il ne faut pas stigmatiser en disant c’est un quartier difficile, donc radicalisation, donc terrorisme. Sinon dans ce cas là on va mettre en cause des millions de personnes qui n’y sont pour rien ». Patrick Kanner a déclaré hier lors de l’émission du « Grand rendez-vous » Europe 1-ITELE-Le Monde qu’il y avait « une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec ce qui s’est passé à Molenbeek ».

Coté Républicains, on se réjouit « de ce langage de vérité ». Le sénateur Roger Karoutchi rejette toutefois la faute sur « les communes de gauche qui ont laissé s’installer ça ». « Au nom de la paix sociale (…) il y a eu un comportement à la fois clientéliste et opportuniste » explique-t-il. Et pas question pour Roger Karoutchi de faire endosser à l’ancien ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, la responsabilité d’une éventuelle radicalisation dans les quartiers.

En effet, Patrick Kanner considère que les émeutes de 2005, « ont manifestement permis le développement du salafisme ». « Il y a eu une fragilisation d'une partie de la jeunesse au travers de ces émeutes urbaines et  dans cadre-là, nous avons vu des prédateurs s'installer dans les quartiers. ». « Faux », lui répond le sénateur de Paris : « C’est justement parce que Nicolas Sarkozy voulait mettre un terme à un certain nombre de trafics qu’il y a eu des émeutes, ce n’est pas l’inverse. Monsieur Kanner prend ses illusions pour des réalités. La sénatrice LR des Alpes-Maritimes, Dominique Estrosi-Sassonne regrette que le ministre de la Ville n’aille pas plus loin que ce constat. « Il pointe du doigt certains quartiers, mais n’apporte pas de réponse concrète ».

La polémique lancée par le ministre de la Ville en rappelle une autre. Il y a an, après les attentats de Charlie et de l’Hyper Casher, Manuel Valls avait lui-même usé des mots chocs « apartheid territorial, social et ethnique ». Si devant les députés socialistes, ce mardi, le Premier ministre a soutenu en partie son ministre en affirmant que « les processus d'enfermement, de communautarisation et de radicalisation (…) existaient « bel et bien ». Il  a ensuite pris ses distances expliquant « qu’il était difficile de faire des comparaisons »  avec la commune bruxelloise. En matière de terrorisme comme dans tout, comparaison n’est pas raison…