Une « pause » dans les réformes: Sarkozy rompt avec lui-même
Surprise. Il avait fait de la réforme un point fort de sa politique. Pourtant, presque en rupture avec lui-même, Nicolas Sarkozy annonce un « audit de toutes les réformes pour les améliorer au second trimestre 2011. (…) Le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse s’il le souhaite délégiférer ». Une expression surprenante : le chef de l’Etat estime que si nul n’est censé ignorer la loi, la loi est complexe et personne ne s’y retrouve. Il plaide donc pour une simplification administrative et législative. C’est un signe fort envoyé à l’opinion publique mais aussi aux parlementaires qui se sont plaint récemment d’avoir à légiférer dans l’urgence et de subir le rythme imposé par les réformes.
Nicolas Sarkozy revient aussi longuement sur la campagne des régionales, quitte à donner du grain à moudre à ceux qui lui reprochent d’interférer avant le premier tour. « Je n’ai pas donné de consignes de vote et je ne le ferai pas », explique-t-il. Pourtant, le Président, sûrement inquiet d’une abstention record, poursuit : « Mon devoir de chef de l’Etat, c’est de demander aux Français de voter pour choisir l’équipe qui dirigera leur région. Voter est un droit, mais c’est aussi un devoir civique. »
« Je ne pratique pas l’ouverture pour gagner des suffrages »
Concernant les conséquences politiques d’une éventuelle défaite aux régionales, le Président exclut de procéder à un vaste remaniement : « A scrutin régional, conséquences régionales. » Cela ne signifie pas qu’il ne puisse pas y avoir quelques adaptations gouvernementales d’ici là. Mais pas question de changer de premier ministre : « Si l’on devait changer de gouvernement du simple fait des élections régionales, ce serait parfaitement incohérent avec la dimension régionale de ce scrutin » et de conclure : « Je travaille très bien avec le premier ministre ».
Le chef de l’Etat revient aussi sur l’ouverture, sujet polémique à droite : « Je ne pratique pas l’ouverture pour gagner des suffrages », explique le chef de l’Etat. Au contraire, pour lui, oublier les considérations partisanes permet « d’apaiser les tensions pour pouvoir engager les réformes trop longtemps différées. Vous me dites cela démobilise l’électorat de droite ? C’est faire un mauvais procès aux électeurs ! La droite républicaine et le centre n’ont jamais été sectaires. »




















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