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Usine PSA d’Aulnay menacée : «Ils nous déclarent la guerre !»

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François Vignal (images : Paul Bouffard, Mounir Soussi, Nathalie Guillouard)
Le 28.06.2012 à 19:20
Les 3.100 salariés de l’usine PSA d’Aulnay sont menacés de perdre leur emploi. Devant le siège du constructeur, ils crient leur colère. Pour eux, la fermeture n’est pas inéluctable. « Il va falloir qu’on montre les dents et demander des comptes aux pouvoirs publics », lance la CGT.

Ils sont à bout. Et craignent pour leur emploi. Les salariés de PSA Peugeot-Citroën du site d’Aulnay se sont rassemblés jeudi à Paris devant le siège du constructeur. Si aucune annonce officielle n’est encore tombée, les syndicats mettent en garde depuis un an : les 3.100 salariés du site, qui construit la petite C3 de Citroën, sont menacés. La direction vient d’annoncer un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire avant fin juillet. Pas pour rien, selon les syndicats. PSA pourrait déclarer ses intentions fin juillet, au milieu des vacances…

Jean-Pierre Mercier, délégué CGT (qui fut porte-parole de la candidate LO Nathalie Arthaud pendant la présidentielle), est très remonté. Au micro, il harangue la foule, environ un millier de personnes : « Ils sont en train de se préparer à la guerre. Car ils savent qu’en annonçant la fermeture du site, ils nous déclarent la guerre à tous ! » « Depuis un an, la direction nous balade. Elle ne voulais rien dire avant les élections », lance Bruno Lemerle, lui aussi de la CGT. Il souhaite une répartition de la production entre les différents sites de la marque, alors que la C3 n’aura pas de remplaçante dans l’usine d’Aulnay.

L’alliance passée entre le géant américain General Motors et PSA n’est pas non plus vue d’un bon œil. Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, les futures versions des Citroën C5 et Peugeot 508 pourraient être construites dans une usine allemande d’Opel, filiale de GM. Les deux berlines sont aujourd’hui construites à Rennes.

« Interdire les licenciements, c’est maintenant » 

Les syndicats ont justement mobilisé toutes les usines. Des représentants de Poissy, Rennes, Sevelnord, Sept-Fons ou Valenciennes ont fait le déplacement. Mais aussi de l’usine PSA de Madrid et des collègues du puissant syndicat allemand IG Metal, pour GM. La crainte des syndicats : qu’Aulnay ne soit que le début. « Nous sommes tous concernés », lance un salarié de Poissy. « Notre production baisse et on nous dit que tout va bien. Mais on a des doutes », explique Iftene Farhat, du site de Valenciennes qui fabrique des joints de culasse. Présents aussi, Xavier Mathieu des « contis » et Philippe Poutou, ex-candidat de la LCR.

« Non aux licenciements » crient les salariés. « Interdire les licenciements, c’est maintenant », peut-on lire sur une pancarte. Les ouvriers et salariés de PSA comptent bien mettre « la pression » sur le gouvernement. « Nous entrons dans une nouvelle phase : il va falloir qu’on montre les dents et demander des comptes aux pouvoirs publics. PSA a reçu des subventions publiques massives », rappelle Bruno Lemerle. Jean-Pierre Mercier « lance un appel solennel au ministre Montebourg. Il doit réagir immédiatement. (…) C’est lui qui est au gouvernement, il a les commandes ! » Et la pression, tant le cas du site d’Aulnay semble difficile.