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Le sénateur Alain Fouché dénonce les radars « pompes à fric »

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Simon Barbarit
Le 11.01.2016 à 16:21

Le sénateur de la Vienne LR, Alain Fouché vient de déposer une proposition de loi visant à supprimer les amendes pour les excès de vitesse de moins de 10km/h. Colère chez les associations des victimes des accidents de la route qui pointent des chiffres de mortalité routière en nette augmentation.

Le 2 octobre dernier, lors du comité interministériel sur la sécurité routière, Manuel Valls annonçait 22 nouvelles mesures dont la mise en place de 500 nouveaux radars afin de freiner la mortalité sur les routes. Le constat était pour le moins préoccupant. Pour la première fois depuis 12 ans, le nombre de morts étaient à la hausse : 3 384 décès en 2014, soit 3,5% de plus quand 2013. Et l’année 2015 devrait emprunter la même voie : « pour la première fois depuis 35 ans nous allons avoir pour la deuxième année consécutive une augmentation de nombre de tués sur les routes » s’effraie Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière.

Alain Fouché fustige le « racket » de l’Etat

C’est donc dans ce contexte que le sénateur LR de la Vienne, Alain Fouché, dépose ce lundi une proposition de loi visant à ne plus sanctionner d’une amende les excès de vitesse inferieurs à 10km/H mais à réserver uniquement  à cette infraction un retrait de points.« C’est du racket. L’Etat perçoit à peu près 700 millions d’euros. La dessus, il n’utilise que la moitié pour les opérations de sécurité, donc tout ça n’est pas sérieux » a déclaré l’élu au micro de Public Sénat avant de parler plus loin « d’une pompe à fric ». « Il y a des gens qui connaissent un certain nombre de difficultés donc ça suffit comme ça » a-t-il martelé. Pierre Chasseray délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes y voit lui « un premier pas vers un système plus équilibré en matière de sécurité routière ». « Il faudra sans doute aller plus loin, le permis à points est devenu trop rigide. Sans doute faudra-t-il aussi s’interroger sur la perte du point entre zéro et 10 ».

46% des infractions détectées par les radars ne seraient pas suivies de retraits de points

Du côté de la Ligue contre la violence routière, on rappelle « le passif » du sénateur Alain Fouché, « un destructeur du permis à points ». Chantal Perrichon fait référence à un amendement voté au Sénat fin 2010 et dont le sénateur en détient la paternité. Il permettait aux automobilistes coupables de petites infractions de se voir restituer un point en six mois, et l’intégralité des 12 points en 1 an au lieu de 3. « En avril 2011, la mortalité routière avait bondit de 20% et le gouvernement Fillon avait du réunir un comité interministériel en urgence » rappelle-t-elle. Par ailleurs, Chantal Perrichon juge le nouveau texte d’Alain Fouché d’autant plus superflu si l’on prend en considération un rapport daté de 2012 et classé confidentiel  de l’IGA (inspection générale de l’administration)  sur les dysfonctionnements du système des radars automatiques. Il y a trois mois, en effet, le JDD en révélait la teneur : 46% des infractions détectées par les radars ne sont pas suivies de retraits de points faute de moyens humains suffisants pour identifier leurs auteurs.

« Les voitures n’ont pas de boites noires »

Laurent Hecquet, président du think tank « Automobilité et Avenir » plaide lui pour un système inverse de celui proposé par Alain Fouché, à savoir, la fin de la perte de points pour de petits excès de vitesse mais le maintien des amendes. « Il ne faut pas tomber dans le populisme. Mais il ne faut pas non plus faire de raccourci entre mortalité routière et petits excès de vitesse. Lorsque l’on grille un stop, est-ce forcement à cause d’un excès de vitesse ? « S’interroge-t-il avant de poursuivre : « le problème c’est que les pouvoirs publiques ne savent pas comment réagir pour prévenir les accidents mortels. Il ne faut pas réduire ce problème à la seule vitesse mais aussi d’autres risques potentiels que sont l’alcool, la météorologie, la distraction au volant, l’endormissement,  la qualité des infrastructures… La sécurité routière nécessite une action globale ».

Toutefois, selon les chiffres de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), en 2010, 46% des accidents mortels étaient dus à des excès de vitesse inférieurs à 10km/H. Une étude contestée par Alain Fouché. « C’est n’importe quoi. Ce n’est pas vrai. Comment-peuvent-ils le savoir ? Les voitures n’ont pas de boites noires ».