Le veto russo-chinois à l'ONU « met en péril » la médiation d'Annan

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Public Sénat (avec AFP)
Le 19.07.2012 à 17:37
Le veto russo-chinois à l'ONU « met en péril » la médiation d'Annan
© AFP

Le veto russo-chinois au Conseil de sécurité « met en péril » la médiation de Kofi Annan, a déclaré l'ambassadeur français Gérard Araud après le blocage jeudi d'une résolution occidentale menaçant Damas de sanctions.

Plusieurs autres ambassadeurs occidentaux ont critiqué très sévèrement les deux pays, et en particulier Moscou, lors du débat suivant le vote.

« Refuser à Kofi Annan les outils de pression qu'il demande pour mettre en œuvre (son plan de paix), c'est mettre en péril sa mission elle-même », a souligné M. Araud.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant s'était auparavant déclaré « consterné par le veto de la Russie et de la Chine », accusant les deux pays de « mettre leurs intérêts nationaux avant les vies de millions de Syriens ». La conséquence du veto est « de protéger un régime brutal », a-t-il souligné.

Son homologue allemand Peter Wittig a déploré une « occasion manquée » et a estimé que le peuple syrien risquait « d'en payer le prix ». « Les jours du régime Assad sont comptés », a-t-il affirmé.

Pour M. Araud, « il est clair que la Russie ne vise qu'à laisser plus de temps au régime syrien pour écraser l'opposition ». Pour Moscou et Pékin, a-t-il ajouté, « on est semble-t-il toujours trop dur avec les dictateurs sanguinaires ».

« Aujourd'hui, ce sont 17.000 morts que nous pleurons avec le peuple syrien », a encore déclaré M. Araud. Il a averti Moscou et Pékin que « l'histoire leur donnera tort, l'histoire les jugera, elle commence déjà à le faire en ce moment-même à Damas », allusion aux combats qui font rage dans la capitale syrienne.

L’ambassadeur Russe aux Nations-Unies a pour sa part justifié le véto en expliquant que la résolution occidentale "ouvrait la voie" à une intervention militaire.

Il s’agit du troisième double véto russo-chinois aux tentatives de l’ONU pour faire pression sur Damas depuis le début du conflit il y a 16 mois. Es deux premiers datent d’octobre 2011 et de février 2012. Sur 15 pays siégeant au Conseil de sécurité, la résolution a recueilli 11 voix pour, 2 contre, et 2 abstentions.