Vincent Peillon se veut rassurant sur le bac, même si «il y a toujours des risques de fuites»

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Florian Bourdier
Le 28.06.2012 à 11:40

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Invité de Radio classique et Public Sénat, Vincent Peillon a fait un point sur les fraudes annoncées par la presse au bac. Le ministre de l’éducation nationale a également précisé le nombre d’embauches prévues pour la rentrée, puis sur le déficit public et sur le sommet européen de ce soir.

« La fraude au bac est extrêmement minoritaire » assurait ce matin Vincent Peillon, expliquant que le bac « concerne des centaines de milliers d'élèves, c'est une immense machinerie. (…) Il y a toujours des risques de fuites ». Il a également tenu à taire certaines rumeurs : « (la) dizaine de cas qui ont été signalés par la presse aujourd’hui ne sont pas des fuites. (…) A ma connaissance, (…) il n’y a qu’un cas qui nous pose effectivement problème ».

Le ministre socialiste a ensuite précisé les recrutements prévus dès la rentrée 2012 : « Il y a 1 000 postes pour le primaire, (…) 280 postes de professeurs [pour le secondaire] et 75 postes de conseillers principaux d’éducation ». Un total qui reste à réévaluer à la hausse. Le 4 juillet le ministre annoncera après arbitrage le nombre d’auxiliaires de vie scolaire, recrutés pour les enfants en situation de handicap. Au final, pour la rentrée,  « cela donne un équivalent de 15 000 postes ».

Première pierre de la création des 60 000 postes sur 5 ans annoncés ? Vincent Peillon reste ferme : « On ne va pas revoir ces chiffres à la baisse. Il faut remettre en mouvement la machine éducation nationale » estimant que pour le président de la république et pour le premier ministre c’est une « priorité ».

Le ministre de l’éducation a ensuite tenu à s’exprimer sur la responsabilité du gouvernement sortant au sujet du déficit public. « François Baroin est l’un des responsables de ce déficit caché que nous découvrons et de la faillite de la France dans les dernières années. François Baroin devrait faire une petite cure de silence et d’humilité, ce serait utile. (…) Le budget 2012, c’est eux [le gouvernement Fillon], jusqu’à décembre ». Vincent Peillon va jusqu’à accuser ses prédécesseurs d’avoir « triché sur les chiffres du chômage pendant la campagne présidentielle. »

S’exprimant finalement sur le sommet européen qui s’ouvre ce soir, le ministre a réaffirmé le rôle central de la France tout en invoquant un compromis. « Il faut un accord, mais pas à n’importe quel prix » explique-t-il, estimant que « le moteur franco-allemand ce n’est pas la France qui s’aligne systématiquement sur les positions allemandes. Nous avons une doctrine, nous avons des intérêts nationaux, nous avons une vision de l’Europe. (…) Elle n’est pas inflexible ».

Vincent Peillon appelle donc à une solution satisfaisante pour toutes les parties : « Il faut qu’il y ait de la solidarité, des mécanismes de croissance. Oui, il faut la maîtrise des déficits publics, mais en même temps il faut des politiques de croissance ».