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Le vote par Internet : le remède contre l’abstention ?

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Simon Barbarit
Le 05.11.2015 à 18:27

Le vote par internet réduirait l’abstention. C’est le résultat d’un sondage paru ce jeudi. Au Sénat on a pourtant déjà pointé les risques du scrutin 2.0.

Un sondage Harris Interactive-Nouveaux Horizon révèle ce matin que 58% des abstentionnistes voteraient par Internet s’ils en avaient la possibilité, et même 79% chez les jeunes de 18 à 24 ans. Fini donc les files d’attentes dans les écoles ou les mairies, pour enrayer l’abstention, le vote du futur se ferait de son canapé. Une solution miracle pourtant entachée de nombreux scandales. Le vote par internet lors du dernier referendum sur l’unité de la gauche en vue des régionales a connu de nombreuses fraudes et d’usurpations d’identités. Farouche opposante au scrutin, la secrétaire générale d’Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse avait par exemple reçu, à sa grande surprise, un mail la remerciant d’avoir participé au scrutin.

On ne saurait oublier non plus les bugs en série lors des primaires UMP pour les dernières élections municipales mais aussi lors de l’élection du président du parti en novembre 2014. Deux sénateurs ont d’ailleurs planché sur la question l’année dernière. Co-auteurs d’un rapport intitulé « Vote électronique : préserver la confiance des électeurs », Alain Anziani (PS) et Antoine Lefèvre (LR) jugent quand à eux que le vote par internet n’a pas d’effet notable sur la participation. En ce qui concerne le vote des Français établis hors de France, ils notent que sa mise en place « engendre un coût notable » (23% du coût global lors des élections législatives de 2012). Ils préconisent néanmoins le maintien de ce scrutin sur le net à l’étranger pour des « raisons pratiques » du fait de la distance qui sépare les électeurs de leur bureau de vote (l’ambassade ou le consulat) et « afin d’assurer un égal accès des électeurs au vote ».

Pas question pour autant d’étendre ce vote 2.0 au territoire national, car «aucune garantie n’existe que la personne qui a voté depuis l’ordinateur est le bon électeur. Les éléments d’authentification (identifiant et mot de passe) peuvent avoir été mal dirigés, détournés ou monnayés»écrivent les  deux parlementaires.

Sur le plateau de l’émission Sénat 360 ce jeudi, Jean Daniel Levy le directeur du département politique-opinion d’Harris-Interactive à l’origine du sondage, reconnaît que le scrutin par Internet n’est pas le remède miracle contre l’abstention mais « malgré tout, il y a des outils qui sont mis maintenant à la disposition des citoyens (…) et si on a envie d’aller voter cet aspect là apparaît comme un des éléments qui pourrait, parmi d’autres, contribuer à la baisse de l’abstention » a-t-il développé (voir la vidéo ci-dessus).

Au-delà de la réticence à se déplacer vers un bureau de vote, le sénateur socialiste David Assouline a lui une autre explication à la cause de l’abstention : « on n’a un vrai problème de citoyenneté qu’il ne faut pas affronter par la facilité. Il faut absolument qu’on éduque les citoyens à ce devoir qui est de voter » a-t-il estimé.

Mais voilà en France le vote reste un droit plutôt qu’un devoir. Le vote obligatoire serait pour le coup le remède le plus efficace contre l’abstention.