Taxe Zucman : Claude Malhuret demande au premier ministre de s’opposer à une « Assemblée saisie de folie fiscale »

Au cours d’une longue métaphore filée, le président du groupe Les Indépendants, Claude Malhuret, s’est lancé dans un réquisitoire contre la taxe Zucman. Le sénateur demande à Sébastien Lecornu de s’opposer à une mesure qui, selon lui, mettrait en péril l’économie française.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Depuis quelques jours le concours Lépine des taxes les plus déjantées bat son plein à l’Assemblée, mené par les pistoleros de la justice fiscale », déclare le président du groupe Les Indépendants au Sénat, Claude Malhuret en préambule d’une question posée sous la forme d’une fable. « J’ai lu dans les journaux qu’en ce moment vous aimez bien les histoires de vache et de lait », explique le sénateur de l’Allier en référence aux propos du premier ministre sur la fiscalité, et plus précisément sur la taxe Zucman. 

« Sur la fiscalité, j’ai toujours été clair : tout débat sur le lait est ouvert, mais c’est un débat qui doit se faire sur le partage du lait mais pas sur le fait de tuer la vache », aurait déclaré Sébastien Lecornu aux députés LR. Une manière d’illustrer son rejet de la taxe Zucman qui vise le patrimoine professionnel et productif.

A la manière d’Ovide, Claude Malhuret met en garde contre un « enfer pavé de bonnes intentions » (voir vidéo). Alors que l’Assemblée nationale a adopté plusieurs dispositions augmentant les recettes fiscales de l’Etat, le président du groupe Les Indépendants s’inquiète d’une « Assemblée saisie de folie fiscale » et demande au premier ministre quelle sera la position du gouvernement. 

« On ne peut pas déconnecter le débat sur la fiscalité de la question de la croissance et de l’économie » 

En répondant au président du groupe macroniste au Sénat, Sébastien Lecornu avait déjà donné une idée de son avis sur la taxe Zucman. « Toucher à la croissance, c’est tuer la vache et tuer la vache, c’est abandonner toute perspective d’avoir du lait », a affirmé l’ancien sénateur de l’Eure. Pas question donc pour le gouvernement de soutenir un amendement menaçant la santé du cheptel bovin français. « On ne peut pas déconnecter le débat sur la fiscalité de la question de la croissance et de l’économie », précise le premier ministre, considérant que la taxation du patrimoine professionnel demandée par la gauche ferait courir un risque à l’économie française. 

Sébastien Lecornu en a également profité pour rappeler l’importance de réduire les dépenses de l’Etat et de s’attaquer à des chantiers pluriannuels. « Il est grand temps de sortir de notre myopie de l’annualité budgétaire et être capable de voir un peu plus loin que le bout de notre nez et être capable de dessiner une réforme de l’Etat », assure le premier ministre alors même que la durée de vie de son gouvernement reste conditionnée à l’issue des débats budgétaires au Parlement.

Partager cet article

Dans la même thématique

Taxe Zucman : Claude Malhuret demande au premier ministre de s’opposer à une « Assemblée saisie de folie fiscale »
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le