Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
Sebastien Lecornu, 2026.//01ACCORSINIJEANNE_AN.0083/Credit:Jeanne Accorsini/SIPA/2602022308

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.
Rédaction Public Sénat

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Sébastien Lecornu, « personnalité de l’année »

Le prix de la « personnalité de l’année » revient à Sébastien Lecornu. Macroniste de la première heure, il est l’un des rares à avoir traversé sans encombre les remaniements successifs depuis 2022. Entré en politique très jeune, assistant parlementaire à 19 ans, conseiller ministériel à 22 ans, il devient en 2015 le plus jeune président de département, dans l’Eure, après avoir été maire de Vernon. À 31 ans, il entre au gouvernement et enchaîne les portefeuilles : Écologie, Collectivités territoriales, Outre-mer, puis Armées.

Son arrivée à Matignon, à l’automne, n’avait pourtant rien d’évident. Son premier gouvernement n’avait tenu que quelques heures. Mais Sébastien Lecornu s’est imposé comme un Premier ministre de crise, parvenant à franchir l’obstacle budgétaire, au prix de compromis assumés avec les socialistes. C’était d’ailleurs l’objectif assumé d’Emmanuel Macron en le nommant : doter la France d’un budget, coûte que coûte.

Olivier Rietman et Fabien Gay : « Les sénateurs de l’année »

Un duo inattendu, récompensé pour six mois de travaux menés tambour battant. Trente-trois dirigeants de grands groupes, de TotalEnergies à LVMH, en passant par Sanofi, Michelin ou Lactalis, ont été auditionnés. À l’arrivée, un chiffre qui a marqué les esprits : 211 milliards d’euros par an d’aides publiques aux entreprises. La commission, lancée à l’initiative du groupe communiste à l’hiver dernier, faisait suite aux annonces de suppressions d’emplois chez Michelin ou Auchan, malgré les soutiens publics perçus. Une commission d’enquête qui a remis la question de la contrepartie des aides au cœur du débat politique, à l’heure où les finances de l’État sont sous forte tension. Un travail qui a valu aux deux sénateurs cette récompense, dans ce que Yaël Braun-Pivet qualifiait l’an dernier de « festival de Cannes de la vie politique ».

« Révélation de l’année » : Sarah Knafo

À 32 ans, Sarah Knafo décroche le prix de la révélation. Eurodéputée Reconquête!, candidate à la mairie de Paris, ancienne auditrice à la Cour des comptes, elle s’est imposée comme l’un des visages montants de l’extrême droite. Proche d’Éric Zemmour, dont elle est la compagne, elle incarne une nouvelle génération politique, médiatiquement aguerrie et solidement diplômée.

Amélie de Montchalin, « ministre de l’année »

Le jury a désigné Amélie de Montchalin « ministre de l’année », récompensant son rôle central aux Comptes publics dans une période budgétaire particulièrement tendue. À 40 ans, cette fidèle du chef de l’État s’apprête à devenir première présidente de la Cour des comptes, une première pour une femme depuis la création de l’institution en 1807. Une nomination qui fait polémique.

Revenue au gouvernement pour piloter le délicat dossier budgétaire, elle a été de toutes les batailles parlementaires : projet de loi de finances, PLFSS, loi de finances de fin de gestion, parfois jusqu’à trois textes dans la même journée. Quatre portefeuilles ministériels en huit ans, Affaires européennes, Fonction publique, Transition écologique, Comptes publics, Emmanuel Macron lui confie maintenant la plus haute juridiction financière.

« Député de l’année » : Olivier Faure (PS)

Député et premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure est distingué pour avoir incarné la ligne du compromis dans une Assemblée sans majorité. « Gouverner, ce n’est pas commenter », résume-t-il en substance, défendant une stratégie de négociation souvent critiquée, mais assumée.

S’il a dénoncé le recours final au 49.3 sur le budget de l’État, après avoir obtenu de Sébastien Lecornu l’engagement initial d’y renoncer, Olivier Faure a néanmoins joué un rôle central dans la tempête budgétaire. Un mariage de raison s’est noué entre le chef des socialistes et le Premier ministre : deux trajectoires opposées, mais une même volonté de faire converger les positions pour éviter le blocage.

Hugo Biollay, « élu local de l’année »

À 24 ans, Hugo Biollay est récompensé comme « élu local de l’année ». Maire de Vinzieux, en Ardèche, depuis 2020, il avait été élu à seulement 18 ans, devenant l’un des plus jeunes édiles de France. Engagé dans la revitalisation de sa commune, il brigue aujourd’hui un deuxième mandat. Fort de l’expérience acquise, il incarne, selon le jury, une jeunesse engagée et ancrée dans le terrain.

« Européen de l’année » : Thierry Breton

Thierry Breton reçoit le prix de l’ »Européen de l’année » dans un contexte géopolitique tendu. Fin décembre, Washington a annoncé l’interdiction de séjour sur le territoire américain de cinq personnalités européennes, parmi lesquelles l’ancien commissaire européen au marché intérieur. Artisan du Digital Services Act (DSA), le cadre juridique destiné à réguler l’espace numérique européen, Thierry Breton s’est attiré l’hostilité des géants américains de la tech. Cette décision intervient alors que la Commission européenne a infligé une amende de 120 millions d’euros à la plateforme X, ravivant les tensions entre Bruxelles et Washington.

 

Les autres lauréats

Personnalité inspirante : Hong Wang, mathématicienne

Le jury du Trombinoscope est composé de journalistes et éditorialistes politiques, parmi lesquels Christophe Barbier (BFMTV), Perrine Tarneaud (Public Sénat), Emmanuel Kessler (LCP), Ludovic Vigogne (La Tribune), Nathalie Mauret (Groupe Ebra), Yves Thréard (Le Figaro), Brigitte Boucher (Franceinfo) et Monique Canto-Sperber, directrice de recherche émérite au CNRS.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. 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