Salon de l’agriculture : Emmanuel Macron veut « un prix plancher » pour les denrées agricoles qui fait déjà polémique

Au cours d’un débat improvisé avec les agriculteurs, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de mettre en place des prix plancher pour la grande distribution. L’objectif est de garantir un revenu minimum aux agriculteurs.
Henri Clavier

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« Je ne suis pas près de lâcher l’affaire », assure Emmanuel Macron, au milieu des agriculteurs à l’occasion d’un débat sous haute tension. Après l’annulation du débat prévu avec les syndicats agricoles, le président de la République a opté pour un format plus spontané, « à portée d’engueulade ». Alors qu’un agriculteur lui lance : « On ne vous fait plus confiance », Emmanuel Macron tente tant bien que mal de regagner la confiance des agriculteurs. Pour cela, le président de la République a détaillé les mesures déjà annoncées par le Premier ministre avant d’en dévoiler quelques-unes lui-même, notamment les prix planchers.

La droite fustige une « idée socialiste »

 « Il y aura un prix minimum, un prix plancher en dessous duquel le transformateur ne peut pas acheter et en dessous duquel le distributeur ne peut pas vendre », lance le chef de l’Etat face aux agriculteurs. En annonçant des prix planchers pour les denrées alimentaires, le locataire de l’Elysée souhaite s’attaquer à ce qu’il estime être « la mère des batailles », le revenu des agriculteurs. Si la préoccupation du revenu des agriculteurs est partagée par l’ensemble de la classe politique française, le plafonnement des prix risque de diviser.

Le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon ne s’y est pas trompé et a immédiatement salué, sur X (anciennement Twitter) la proposition du président de la République appelant à bloquer les « marges de profit de l’agroalimentaire ».

L’encadrement des prix pour lutter contre l’inflation et les marges réalisées par la grande distribution est une mesure prônée par la France Insoumise depuis 2018. En revanche, la mesure n’a pas bénéficié du même accueil à droite où le chef de file des sénateurs républicains, Bruno Retailleau, a immédiatement fustigé l’annonce.

Pour le sénateur de la Vendée, l’instauration de prix planchers revient à mettre en place un « revenu minimum universel agricole », une « idée socialiste ». Alors que Bruno Retailleau évoquait, plus tôt dans la journée, un « grand n’importe quoi au plus haut sommet de l’Etat », ce dernier estime qu’un prix plancher pourrait créer des écarts importants entre les exploitations. En outre, le sénateur craint des distorsions de marché qui pourraient tuer certaines filières.

« Permettre de garantir justement le revenu agricole »

Si Emmanuel Macron a affirmé qu’il donnerait plus de détails sur les prix planchers « d’ici trois semaines », le président de la République a tout de même expliqué que le prix minimum serait déterminé, filière par filière ». Pour « permettre de garantir justement le revenu agricole », Emmanuel Macron veut limiter les marges réalisées par la grande distribution en déterminant un prix minimum d’achat, calculé à partir d’un indicateur du coût de production propre à chaque filière. Actuellement, beaucoup de producteurs se plaignent d’être écrasés par la grande distribution dans le cadre des négociations commerciales et sont parfois obligés de vendre en dessous du prix de revient.

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