Culture : les grands musées nationaux rassurent sur leur santé financière

Auditionnés au Sénat, les directeurs administratifs de plusieurs grands musées nationaux sont revenus sur la situation – notamment financière – de leurs institutions. Ils se sont montrés rassurants, mettant en avant une capacité à dégager des recettes propres, contrairement à de plus petits musées plus dépendants de la puissance publique.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La culture fait partie des secteurs les plus touchés par les coupes budgétaires inscrites au budget 2025. Dans la version issue du texte de la CMP présentée ce lundi 3 février à l’Assemblée, la mission culture voit ses crédits diminuer de 130,5 millions d’euros par rapport à 2024 pour atteindre environ 4 milliards d’euros, soit une baisse d’environ 3,3 %. C’est dans ce contexte qu’étaient reçus ce mercredi matin au Sénat les directeurs administratifs du musée du Quai Branly, du Louvre, du musée d’Orsay et de l’Orangerie, ainsi que de la Réunion des musées nationaux et du Grand palais.

 

Une partie des recettes de billetterie sanctuarisée

 

Interrogées sur d’éventuelles difficultés financières qu’elles pourraient rencontrer, ces institutions parmi les mieux loties du monde de la culture sur ce plan se sont montrées rassurantes. « Nous avons les outils financiers adéquats pour réaliser des acquisitions essentielles pour nos collections nationales. Un décret statutaire nous octroie 20 % des recettes de billetterie, en complément nous avons besoin de mécénat », a expliqué Kim Pham, administrateur général de l’Etablissement public du musée du Louvre.

De même du côté du musée d’Orsay et de l’Orangerie, où 16 % des recettes de billetterie sont affectés aux acquisitions. « C’est très vertueux : plus on reçoit de visiteurs, plus on peut enrichir notre collection. Ça représentait 4,5 millions d’euros l’an dernier », détaille Julia Beurton, administratrice générale de l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing. Des budgets qui ne permettent pas aux grands musées français de concurrencer les grandes institutions internationales sur les segments les plus compétitifs d’un marché de l’art en pleine explosion.

 

« Nous avons des stratégies de développement de nos ressources propres, mais c’est parce que nous le pouvons »

 

Dans ce cas, certains dispositifs réglementaires, comme celui des « trésors nationaux » ou des « œuvres d’intérêt patrimonial majeur », permettent de refuser temporairement la sortie du territoire d’une œuvre classée tout en mettant en place des incitations fiscales pour un éventuel acquéreur national. Deux tableaux, l’un de Gustave Caillebotte et l’un de Jean Siméon Chardin, ont ainsi été acquis l’année dernière, respectivement par le musée d’Orsay et du Louvre, grâce à ces dispositifs.

Mais les différents représentants de ces grandes institutions du monde de la culture français ont aussi tenu à rappeler que leur réalité économique – une majorité de ressources propres venant de la billetterie, de location d’espaces ou de mécénat – n’était pas celle de la majorité des acteurs du secteur. « Nous avons des stratégies de développement de nos ressources propres, mais c’est parce que nous le pouvons, a ainsi développé Julia Beurton. C’est notre responsabilité de le faire, justement pour que des musées qui n’en ont pas la possibilité, notamment en région, puissent bénéficier de l’aide de la puissance publique. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Senat
5min

Culture

Grasset : les parlementaires travaillent à une loi sur une clause de conscience des auteurs 

Après l’éviction d’Olivier Nora par Vincent Bolloré et le départ de plus de 200 auteurs des éditions Grasset, le monde de l’édition réclame la création d’une clause de conscience facilitant le départ des auteurs en cas de changement de ligne éditoriale de leur éditeur. La sénatrice socialiste, Sylvie Robert, s’est emparé du sujet et travaille sur un texte de loi en lien avec des députés de gauche, mais aussi du centre.

Le

Culture : les grands musées nationaux rassurent sur leur santé financière
3min

Culture

 Avec Guillaume Diop et Hugo Marchand « On finit par se connaitre par cœur comme un vieux couple » reconnaît la danseuse étoile Dorothée Gilbert

Elle le dit elle-même : le corps s’use, l’opéra est exigeant et il faut être à la hauteur des ballets que l’on joue. À 42 ans la danseuse étoile Dorothée Gilbert prendra sa retraite à la fin de l’année dans un ultime récital de l’Histoire de Manon à l’Opéra Garnier. Comment se réinvente-t-on vie après 35 ans passés dans l’institution ? Quels liens a-t-on noué avec ses partenaires, Dorothée Gilbert se livre au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Culture : les grands musées nationaux rassurent sur leur santé financière
3min

Culture

« C’était la première fois que je voyais des êtres humains devenir des bourreaux » Ginette Kolinka, centenaire survivante du camp d’Auschwitz-Birkenau.

Celle qui est devenue commandeur de la Légion d’Honneur à cent ans au titre d’intervenante en milieu scolaire du devoir de mémoire, n’avait que 19 ans lorsque la Gestapo l’a arrêtée en mars 1944. Désormais, elle n’a de cesse de témoigner et de rappeler aux jeunes générations ce qu’a été la Shoah : le massacre délibérément planifié de près des deux tiers des Juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, environ six millions de personnes. Ginette Kolinka était l’invitée de Rebecca Fitoussi dans « un monde, un regard ».

Le

Culture : les grands musées nationaux rassurent sur leur santé financière
3min

Culture

« La dictature est un one-man show qui a mal tourné ! », Jonathan Lambert revient sur l’époque burlesque que nous traversons

C’est la liberté qui dicte ses choix artistiques. L’auteur de Qui a volé mes jambes ? (éd. du Seuil) revient sur le devant de la scène avec un roman-photo où il déroule une enquête policière absurde. Une fois n’est pas coutume, il renouvelle la forme. Comme pour ne pas s’enfermer dans un style, comme pour éviter de se répéter ou de ne plus être drôle. Sans cesse, Jonathan Lambert s’applique à faire ce pas de côté avec l’époque pour mieux saisir ce qui résiste au temps. Le comédien-humoriste révèle à Rebecca Fitoussi comment il fait pour rester au goût du jour dans Un monde, un regard. 

Le