Cyril Hanouna : le patron de Canal + « continue à discuter » avec l’animateur de C8

Devant les sénateurs, Maxime Saada affirme que « les discussions sont encore en cours » avec l’animateur vedette de la chaîne Cyril Hanouna, en pourparlers avec M6. Le président du directoire de Canal + dénonce la décision « arbitraire » de l’Arcom d’exclure C8 de la TNT et assume l’intention de son groupe d’en retirer ses chaînes en juin prochain.
Rose-Amélie Bécel

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Mi-décembre, l’Arcom a officiellement confirmé le non-renouvellement des fréquences de C8 et NRJ12 sur la TNT jusqu’en 2035. Devant les sénateurs de la commission de la culture ce 29 février, le président du directoire du groupe Canal + maintien ne pas comprendre la décision du régulateur de l’audiovisuel.

« On continue à discuter avec Cyril Hanouna »

« La décision de non-renouvellement de C8, première chaîne de la TNT, [est une] décision arbitraire de l’Arcom, dont l’une des missions est pourtant d’accompagner les transformations du paysage audiovisuel et numérique », dénonce Maxime Saada. « Qu’on aime ou qu’on n’aime pas C8, il n’y a pas un pays au monde, à part en France, où on prend la première chaîne de la télévision et on décide de la supprimer. Ça n’existe pas ! »

Dans ce contexte, Libération révélait ce 24 janvier que des négociations étaient en cours au sein du groupe M6 pour accueillir Cyril Hanouna. L’annonce de l’arrivée de l’animateur vedette de l’émission « Touche pas à mon poste » a suscité de vives contestations de la part des Sociétés des journalistes du groupe. « On continue à discuter avec Cyril Hanouna », affirme de son côté Maxime Saada, « il est possible qu’il rejoigne un autre groupe audiovisuel, mais les discussions sont encore en cours. »

« On a été très clairs : à partir du moment où C8 nous est retiré, Canal + se retirera »

En réaction à l’annonce de l’Arcom sur l’exclusion de C8, Canal + a aussi annoncé le retrait de ses chaînes payantes de la TNT (Canal +, Canal + Cinéma, Canal + Sport et Planète). Une déflagration, sur laquelle Maxime Saada s’est expliqué devant les sénateurs. « Je suis très souvent transparent sur la politique de Canal +, le problème que j’ai c’est qu’il arrive qu’on ne me croit pas », remarque-t-il. « Avec notre secrétaire générale, on a été très clairs lorsqu’on a été auditionnés, à sept reprises : à partir du moment où C8 nous est retiré, Canal + se retirera. »

Un choix également motivé par la forte baisse des revenus publicitaires du groupe sur la TNT, portés par C8 : « À partir du moment où on coupe l’essentiel des revenus publicitaires du groupe en France avec C8, il n’y a plus d’intérêt pour Canal + à rester sur la TNT. » Pour Maxime Saada, se priver d’une diffusion sur la TNT n’est d’ailleurs pas un mauvais pari pour l’avenir. « Aujourd’hui ce que je constate, dans tous les pays du monde, c’est que la TNT est en recul. Et je pense que cette décision de l’Arcom accélère la décroissance inexorable de la TNT », observe-t-il.

« Le groupe Canal + se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins en France »

Plus globalement, le patron de Canal + dénonce la « logique court termiste » à l’œuvre dans les récentes décisions qui ont touché son groupe. Au-delà de l’arrêt de C8 sur la TNT, le géant de l’audiovisuel pourrait en effet voir le montant de sa taxe versée au Centre national du cinéma (CNC) augmenter, au même titre que le taux de TVA applicable au groupe. « Mises bout à bout, [ces décisions] menacent tout ce qui fait la force de Canal + en France », pointe Maxime Saada.

Avec la transformation de son modèle – des chaînes de télévision payantes vers une véritable plateforme – l’administration fiscale a en effet décidé d’assujettir Canal + à une TVA de 20 %, au lieu de 10 % actuellement, comme c’est aujourd’hui le cas pour des géants américains comme Netflix. Selon les informations du média spécialisé L’Informé, le groupe serait ainsi confronté à un redressement fiscal de 230 millions d’euros par an, sur les années 2019 à 2021.

« Le groupe Canal + se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins en France : quelle place continuera à prendre le marché français dans son projet ? L’application d’une vision industrielle, pourtant nécessaire à la pérennité de tout écosystème économique fait cruellement défaut au secteur de la création française », déplore Maxime Saada.

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